Les nouvelles relations avec les laïcs -
Le jubilé de la vie bénédictine
Bulletin n° 131, année 2026
Riepilogo
Éditorial
Père abbé Bernard Lorent Tayart, osb, Président de l’AIM
Au sujet de l’AIM
• Une nouvelle étape pour l’AIM
Père Charbel Pazat de Lys, OSB
Témoignages
• Au-delà des murs et des vœux : une nouvelle vision de la vie bénédictine
Sœur Teresa Jackson, OSB
• Relation des laïcs avec les communautés monastiques : l’expérience de Koubri au Burkina Faso
Sœur Thérèse-Benoît Kaboré, OSB
• De l’accueil à la relation : monastères bénédictins et laïcs en Terre Sainte
Sœur Marie-Madeleine Wagner, OSB
• Laïcs et monastères, perspectives de la communauté laïque de Saint-Benoît
Monsieur Adam Simon
• Une relation d’amitié entre moines et laïcs : l’expérience de Manquehue
Monsieur Jonathan Perry
• Ensemble, vers le cœur de Dieu. L’oblature à Taïwan
Madame Theresa Shein
• L’identité laïque cistercienne
Asso. internat. des ctés de laïcs cisterciens
Jubilé de la vie bénédictine
• Les relations entre les laïcs et les moines au fil de l’histoire
Christian Fénelon Mathieu
• La paix
Père abbé Benedict Nivakoff, OSB
• La musique qui laboure le cœur
Père Claudio Campesato
Réflexions
• Comprendre la règle de saint Benoît à la lumière de l’Ubuntu
Frère Josias Morobi, bénédictin anglican
In memoriam
• Sœur Adelaida Ygrubay, OSB
Council for Health and Development
Grandes figures de la vie monastique
L’Abbé de Rancé
Père Richard Purcell, OCSO
Nouvelles
• Sant’Anselmo
Articles NEXUS et Vatican news
• Le millénaire de l’abbaye de Cesena
Communauté de Cesena
• Session des supérieurs monastiques de l’Afrique de l’Ouest
Sœur Marie-David Banquet, OSB
• Le Programme de formation des formateurs monastiques 2026
Frère Colmán Ó Clabaigh, OSB
• Assemblée générale de la CMOI
S. Angela Ndriambololonirina, OCSO
Editoriale
La question du rapport des laïcs ou, de manière plus générale, des personnes – y compris des ministres ordonnés – avec les monastères, se posent à frais nouveaux. Ce n’est pas une question uniquement pour l’Église d’aujourd’hui. De tout temps, comme le montre l’étude historique de Christian-Fénelon Mathieu, le mouvement monastique a dû gérer cette problématique sous mille formes tout au long des siècles : oblats, coopérateurs, donnés, convers, familiers. On ne peut sous-estimer le rôle qu’ont joué toutes ces personnes dans le développement de la vie monastique. On ne peut non plus faire preuve de naïveté en pensant que ce mouvement serait le nec plus ultra du témoignage monastique. À plus forte raison, il ne peut être question de voir disparaître la vocation propre des moines et des moniales au profit de laïcs baptisés qui en relaieraient le charisme. On sait bien comment en certaines périodes, notamment dans le bas Moyen Âge occidental, certains laïcs ont exercé un pouvoir abusif sur l’évolution des monastères, et on sait aussi combien certaines périodes de décadence monastique ont été suivis de profonds renouveaux. L’avenir est entre les mains de Dieu, aucun plan humain ne pourra s’y substituer.
Cependant, aujourd’hui, le phénomène prend un tour particulier : il s’enracine d’abord dans la théologie du concile Vatican II dont la constitution Lumen Gentium envisage la même sainteté pour tous du fait, justement, de la consécration baptismale. La vie monastique ne revêt plus un caractère d’exception dans la recherche de la sainteté. Les moines et les moniales ne sont pas les seuls à y prétendre : on ne dira plus que leurs vies s’inscrivent dans l’appartenance à un état de perfection. Les moines, les moniales, selon leur vocation propre, cherchent à répondre, selon un mode qui leur convient, à un appel à la sainteté dans le cadre d’un lieu et d’une communauté, avec une perspective de vie évangélique semblable à celle de la première communauté chrétienne selon les Actes des Apôtres. Et ce faisant, ils accueillent d’autres personnes qui veulent partager de plus ou moins près ce propos enthousiasmant, sans pour autant jouer aux moines.
Ce sujet rentre tout à fait dans la programmation réflexive du jubilé de la vie bénédictine : en cette première année de préparation, nous sommes appelés à « nous réveiller. » Il s’agit de rester attentifs aux signes qui nous sont donnés aujourd’hui, et cette communion avec d’autres vocations dans l’Église sous l’impulsion d’une même spiritualité en est un.
On trouvera dans ce numéro toutes sortes d’expériences concernant le lien entre laïcs et monastères sur différents continents. Le secrétaire général de l’AIM présente ici quelques-uns des changements en cours pour l’association. On évoque également la grande figure de l’Abbé de Rancé dont on fête cette année le 4e centenaire de la naissance. Quelques nouvelles complètent ce numéro : présentation du nouveau Recteur de l’Athénée de Saint-Anselme et de ses collaborateurs pour l’Institut de théologie et pour l’Institut pontifical de liturgie, réunions monastiques internationales, millénaire de l’abbaye de Cesena. À l’occasion du décès de sœur Adelaida Ygrubay, de la Congrégation des sœurs missionnaires de Tutzing aux Philippines, qui contribua si longtemps et fraternellement au travail de l’AIM, on ne manquera pas d’être frappé par le témoignage de son existence toute donnée à la suite du Christ.
L’AIM poursuit sa route au service des communautés à l’heure où certaines ferment et ou d’autres s’ouvrent ou se renouvellent dans la richesse de la diversité.
Père abbé Bernard Laurent Tayart,
Président de l'AIM
Articoli
Une nouvelle étape de l'AIM
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Au sujet de l’AIM
Père Charbel Pazat de Lys, OSB
Secrétaire général de l'AIM
Une nouvelle étape pour l’AIM
En 2025, l’AIM a renouvelé ses statuts ecclésiastiques en élargissant ses collaborations et en soulignant la réalité d’une structure commune aux trois grands ordres qui suivent la règle de saint Benoît. En cohérence avec ces changements, l’AIM amorce un tournant significatif dans son développement, en adoptant de nouveaux statuts civils, un nouveau nom et une nouvelle charte graphique, pour promouvoir son identité, souligner sa dimension internationale, unifier et simplifier la communication.
Un nom, une langue, un message
Le sigle AIM a eu plusieurs significations au cours de son histoire. La dernière appellation « Alliance InterMonastères » présentait désormais un frein dans la communication internationale, moins favorable au développement actuel de l’association. Au lieu d’être obligé de traduire, non sans difficulté avec l’acronyme, les présentations et en-têtes en chaque langue, désormais nous avons un seul nom, un seul logo, une seule identité — pour toutes les langues et tous les pays.
Le nom latin Associatio Internationalis Monastica répond à ces enjeux avec clarté. Langue universelle de l’Église, le latin est immédiatement reconnu dans l’ensemble du monde catholique. Il met en relief la dignité institutionnelle de l’AIM en harmonie avec son rôle de coordination entre les grandes familles monastiques. Le sigle AIM, demeure inchangé comme une signature forte et identifiable à l’international : une fraternité monastique unie, au service de la mission de l’Église dans le monde.
Un développement ancré dans un héritage
Après de très nombreuses années d’utilisation d’un logo qui montrait désormais les limites de son époque, l’AIM a décidé d’entreprendre une refonte complète de la charte graphique. L’objectif est clair : moderniser l’image de l’association tout en renforçant la cohérence de ses supports de communication dans toutes les langues, au service des trois ordres qu’elle réunit.
Loin d’être une rupture, ce changement s’inscrit dans un mouvement plus large de retour au classique, présent dans bien des sphères culturelles et institutionnelles. L’AIM y répond avec une identité visuelle à la fois rassurante, universelle et porteuse du message spirituel qui est le sien : allier ora et labora d’un seul coup d’œil.

Un logo chargé d’histoire
Au cœur de cette nouvelle identité trône la médaille de saint Benoît, réinterprétée sous la forme d’un sceau institutionnel qui convient parfaitement à une organisation de coordination internationale et transmet d’emblée la légitimité et l’ancienneté de l’AIM.
Une palette de couleurs porteuse de messages
La nouvelle charte s’articule autour de trois couleurs soigneusement choisies : Le vert, couleur liturgique, symbole de générosité, d’espérance et de vie ; le doré, présent dans toute l’iconographie, qui distingue l’AIM de l’univers des ONG généralistes ; le parchemin évoque le naturel et la simplicité, et transmet la bienveillance. La typographie Cinzel, classique et lisible, complète cet ensemble.
Une identité au service du rayonnement de l’AIM
Cette évolution répond à un enjeu stratégique : faire connaître l’AIM bien au-delà des cercles habituels, sensibiliser les laïcs et les partenaires, attirer et fidéliser des donateurs à l’international.
Au-delà des murs et des vœux
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Témoignages
Sœur Teresa Jackson, OSB, Center for benedictine life
St. Gertrude Monastery, Cottonwood (USA)
