Dzobégan

Voyage à Dzogbégan : 13-23 juin 2009

par Solomon, postulant, abbaye de Kristo Buase, Ghana, Afrique

 

Nous, les postulants, frère Prosper, Romain et moi-même avec notre maître des novices, Dom Honoré, nous avons quitté notre monastère de Kristo Buase, par une soirée agréable, avant vigile, pour Accra.

Le voyage s’est bien passé, grâce à Dieu et nous sommes arrivés à Accra vers trois heures du matin. Comme il pleuvait nous avons été autorisés à rester un peu dans l’autobus. Lorsque la pluie s’est arrêtée nous nous sommes dépêchés d’aller à la gare routière de HoHoe, puis nous avons pris la voiture pour Wli. Notre maître des novices s’était entendu avec l’Abbé Théodore pour qu’un frère nous attende à la frontière, ce qui fut bon. Nous sommes arrivés à Dzogbégan entre 11 h et 12 h et nous avons eu la sainte messe avec un des prêtres d’ici. Ensuite nous avons rejoint la communauté pour l’office de Sexte et le déjeuner.

Le monastère est très grand, autonome, il y a un Abbé, un Prieur et d’autres responsables.

La chapelle est circulaire, l’autel est une pierre ronde située au milieu des deux chœurs. Les visiteurs et les hôtes, se joignent à l’office des frères dans un parfait silence. Les frères prient six fois par jour : laudes, sexte, none, vêpres et complies qui est joint aux vigiles chaque jour, sauf le samedi.

Ils ont vraiment bien organisé l’œuvre de Dieu et leurs activités de chaque jour, comme la cuisine, la lessive, l’entretien, les voyages et autres travaux.

L’abbaye est à une certaine distance du village et a une bonne clôture qui comprend tout ce dont a besoin la communauté pour le travail manuel.

La communauté a aussi un grand jardin avec beaucoup de légumes, fruits et plantations telles que café, avocats et autres. Les frères produisent beaucoup par eux-mêmes et grâce à leurs efforts inlassables, ils sont en mesure de faire vivre l’abbaye. Ils produisent : café, sirop de citron, crème d’avocat, encens, confitures. Mais leur production est encore plus importante que ce que je dis. Ces produits sont une source de revenus, c’est la seule voie qui leur permet de gagner leur vie. Ils ont une usine pour transformer le café brut en produit fini et ils sont très compétents dans cette entreprise.

En outre, ils ont aussi un petit dispensaire attaché au monastère qui sert à la fois à la communauté et à ceux qui sont plus proches, sur le plan des médicaments.

Puisqu’ils sont autonomes, ils ont un réfectoire différent pour les hôtes qui est plus moderne que celui des frères. Aucun visiteur ne peut aller au réfectoire des frères sans consulter l’hôtelier.

Le monastère est double, il y a un lieu pour les moniales, mais l’Abbé n’a aucun contrôle sur lui, c’est l’évêque du diocèse qui l’exerce.

Nous leur avons rendu visite un après-midi et nous avons pu voir comment elles s’organisent matériellement et spirituellement.

Chose intéressante pour nous, nous avons eu des cours de théologie et spiritualité monastiques qui furent très bons, du fait que c’était plusieurs frères qui présentaient différents points de vue. Beaucoup d’éclaircissements furent apportés, des valeurs monastiques expliquées pour notre compréhension.

Par ailleurs, on m’avait demandé d’apprendre comment on produit l’encens. Avec la patience et l’humilité du F. Chrysostome, j’ai appris à le préparer. Cela m’a apporté beaucoup de joie.

En un mot, j’ai (Solomon) vraiment apprécié Dzogbégan, parce nous (j’ai) nous avons pu nous joindre aux chapitres, ateliers et cours animés par certains frères sur la théologie et la spiritualité monastiques, cours donnés pour la première fois.

Fort de cette expérience, je juge qu’il est bon d’établir des temps pour ce genre de formation. Cela permettrait de nous améliorer de multiples façons.

Considérant la communauté, je juge qu’il est bon pour nous les postulants, d’assister à ce genre de cours, car plus nous nous rendrons là-bas, plus nous apprendrons de choses bénéfiques pour notre communauté. Ils connaissent beaucoup de choses et par eux nous pourrions, nous les postulants, produire quelque chose pour la vente, comme l’encens, le sirop de citron ; la crème d’avocat.

Ce qui m’a aussi motivé, c’est leur liturgie et le chant des psaumes à l’office qui m’a beaucoup plus. Mais ma crainte, c’était que je pouvais les suivre mais non les comprendre ; aussi je proposerais qu’il y ait des cours de français.

Comme il m’a été donné en héritage d’apprendre comment on prépare l’encens, mon souhait serait d’en faire rapidement avant que je n’oublie comment cela se fait.

Comme tout a une fin, le 23 juin nous étions de retour dans notre communauté.