Nécrologie

« J'irai dans ton Temple saint pour adorer et chanter ton Nom »

 

SVeroDupontSœur Véronique Dupont, osb, de l'abbaye de Venière en France, fut une ardente collaboratrice de l'AIM durant près de 20 ans. En 1992, le Père de Soos, osb, secrétaire général de l'AIM, s'adressa à l'assemblée des Abbesses et des Prieures de France pour trouver une moniale compétente, susceptible d'organiser des sessions sur les Pères de l'Eglise et les Pères monastiques. La Mère Abbesse de Venière proposa sœur Véronique, disciple du P. Hamman et déjà impliquée dans les cours par correspondance et les sessions de l'Association Migne.

Elle était née le 22 août 1945, reçut une formation scientifique, participa à des recherches de biologie moléculaire à l'Institut Pasteur comme membre du CNRS. Entrée à l'abbaye Notre-Dame de Venière, dans la Congrégation de Subiaco, elle fit profession solennelle le 25 mars 1981, mena des études théologiques à l'Institut catholique de Paris et rédigea une dissertation sur Maxime le Confesseur.

Partageant ce qu'elle avait reçu, elle donnait des cours de patristique. Le service des monastères allait prendre une place de plus en plus importante dans sa vie. Dès son insertion dans l'AIM, elle s'investit dans les diverses communautés monastiques de l'Afrique de l'Ouest pour lesquelles elle conduisit des sessions d'enseignement. Elle en assuma aussi le suivi et suscita même des travaux approfondis sur les premières siècles chrétiens. Son souci principal était que les communautés assurent elles-mêmes leur formation. C'est ainsi qu'en 1999, elle fut l'une des chevilles ouvrières visant à former des tutrices pour les monastères de l'Afrique de l'Ouest et de Madagascar. L'objectif de ces formations consistait aussi à maintenir une unité vivante entre les Saintes Ecritures, la liturgie, le monachisme et la théologie patristique.

Ces démarches aboutirent à renouveler la méthodologie : celle-ci devait être enseignée et prise en main par les futurs formateurs de chaque communauté. Ce fut « la structure Sainte-Anne ». Elle y travailla avec l'équipe de soutien qui comprenait Mère Lazare de Seilhac, le regretté Abbé de Dzobegan, le P. Robert Mawulawoe, le P. Abbé André Ouedrago de Koubri et le P. Jean-Luc Molinier d'En-Calcat. Parallèlement à cet engagement majeur, elle avait à cœur la mise en route de la collection « La tradition, source de vie » publiée en français fondamental, reprise dans la collection « Témoins du Christ » grâce aux éditions de Bellefontaine, et éditée par SODEC-AIM. Dans sa quête personnelle, elle avait découvert de nouveaux textes syriaques qu'elle comparait avec enthousiasme aux textes de la Règle bénédictine.

Elle fit de nombreuses recensions pour le bulletin de l'AIM, tenant la rubique « Communiquer » et fut, à partir de 1997, un membre actif de l'Equipe internationale. Elle y donnait son avis avec conviction et ne cachait pas ce qui lui tenait à cœur. Elle était toujours là pour rendre service et soutenir des initiatives nouvelles, comme le site internet de l'AIM où son apport fut important.

On ne peut rappeler tous ses engagements et, d'autre part, on ne peut oublier ce qu'elle réalisa dans tant de communautés africaines et européennes.

Ces dernières années, elle rendit visite et donna des cours en Terre Sainte et aux Philippines. Elle devait en ce mois de septembre prêcher la retraite des bénédictines de Rixensart en Belgique.

Elle lutta jusqu'à la limite de ses forces, tendue vers l'avant, heureuse de rendre service et de s'engager. Elle était lucide sur son état de santé, préparant sa Pâque vers le Père avec force et confiance, habitée par cette parole : « Oui, j'irai dans ton Temple saint pour adorer et chanter ton Nom ».

C'est le 3 août qu'elle entra dans la plénitude de Dieu ; elle était dans la 65e année de son baptême et la 30e de sa profession monastique. Qu'elle demeure vivante dans nos cœurs et nos prières et que du haut du ciel, elle intercède pour nous et pour les communautés qu'elle connut.