Editorial 98

MNeytCommunautés chrétiennes en Chine

Par la père Martin Neyt, osb, président de l'AIM

 

Avant d'aborder le thème principal de ce bulletin, c'est avec une profonde tristesse mêlée d'espérance que l'AIM annonce le décès d'une collaboratrice compétente et efficace qui travailla près de vingt ans au service des communautés d'Afrique. S. Véronique Dupont, osb,  de l'abbaye de Venière, a rejoint le royaume du Père après une longue et douloureuse maladie. Notre prière rejoint celle de sa famille et de sa communauté monastique. Vous trouverez une évocation de ses principales activités dans les monastères de ce numéro.

En Chine, des inondations catastrophiques et des éboulements de terrain ont retenu l'attention du monde entier sur les drames humains engendrés par les conjonctures climatiques qui ont forcé tant d'habitants à se déplacer. La Congrégation de Sainte-Odile a appelé ses adhérents à aider les sinistrés et à financer la reconstruction d'un home pour personnes âgées géré par les bénédictins dans la ville de Shuanghe près de Jilin. La Chine, qui s'appela longtemps l'Empire du Milieu, est d enos jours habitée et environnée de communautés chrétiennes et monastiques. Les multiples contacts de la Commission bénédictine pour la Chine ont favorisé, outre des bourses d'études et l'organisation de voyages, de nombreux contacts avec l'Eglise chinoise. Nous avions espéré publier davantage de nouvelles concernant les chrétiens en Chine, mais les circonstances et le rythme de la publication nous ont limités à quatre communications importantes.

L'achiabbé Jérémias Schröder retrace les temps forts de l'histoire des présences bénédictines qui débutèrent par l'arrivée des trappistes à Yan Jin Pang en 1883 ; ce fut aussi la création de l'université Fu Jen à Beijing par les moines de la congrégation américano-cassinienne, la présence des bénédictins missionnaires de la congrégation de Sainte-Odile en Corée du Nord et en Mandchourie dès 1909, la fondation d'un monastère par l'abbaye Saint-André de Bruges à Xian, qui fut ensuite transféré à Chengdu en 1943. S. Baulu Kuan et deux de ses consoeurs présentent la situation actuelle des religieuses catholiques et les activités qu'elles remplissent. De son côté, s. Luca Chin, osb, décrit l'implantation de leurs communautés à Taïwan. Elle souligne aussi les similarités reliant les textes bibliques et les écrits de Confucius. Hospitalité, harmonie et vérité y trouvent leur place. Le père Joseph H. Wong, camaldule, fait une étude fouillée favorisant le dialogue entre chrétiens et taoïstes. A son tour, il souligne certains parallèles avec l'Evangile (le non-agir, le retour, la faiblesse, la simplicité...).

Des photos prises cette année par s. Gisela Happ, osb, montrent un de ces temples taoïstes à Shanghaï. Face à un développement économique sans précédent, la population chinoise est aussi en attente d'une dimension intérieure qui peut donner sens à l'existence de chacun. Une aube nouvelle laisse présager une ouverture au message évangélique, et plus particulièrement à la manière dont les moines de saint Benoît la vivent en communauté par la prière et le travail.

En la fête de l'Assomption de cette année, Mgr Songa-Songa, archevêque de Lubumbashi au Congo-Kinshasa, célébra une eucharistie d'action de grâce pour les cent ans de présence bénédictine au Ktanga par les moines missionnaires de Saint-André de Bruges et de Clerlande. Le père Godenir, qui fut un des pionniers de cet élan missionnaire et monastique, retrace brièvement l'histoire de cette grande aventure.

En Inde, il faut signaler un colloque important consacré au père Henri Le Saux dont on fêtait le centenaire de la naissance. Cette grande figure monastique contribua avec le père Jules Monchanin à fonder l'Ashram Saccidananda de Shantivanam il y a soixante ans.

D'autres nouvelles nous viennent de la rencontre sur le thème de la formation à Matutum dans l'île de Mindanao aux Philippines et de celle des supérieurs francophones de l'Afrique de l'Ouest.

Nous avons reçu également un témoignage exceptionnel sur les chrétiens et les moines dans le sud-est de la Turquie. Elle nous provient du frère Sabino, de la communauté de Bose, qui connaît remarquablement le monachisme syriaque et oriental.