Editorial

Chers frères et sœurs,

En tant que nouvel Abbé Primat je voudrais vous adresser à tous un salut très cordial. Le 7 septembre le Congrès des Abbés m'a élu à une telle majorité que je ne pouvais plus dire non. Je vous assure que je vais consacrer toutes mes forces à Saint Anselme, à la Confédération et aux Bénédictines. J'espère que nous pourrons transmettre ensemble l'héritage de Saint Benoît de manière fructueuse aux générations suivantes.

C'est dans cette perspective que s'est déroulé le Congrès des Abbés de l'Année jubilaire. Nous avons eu la possibilité non seulement de visiter les quatre principales basiliques de Rome, mais aussi d'y faire résonner ensemble la louange de Dieu. Le Père Timothy Radcliffe, Général des Dominicains, et Jacques Delors, un homme politique engagé pour l'Europe, ont présenté, - chacun à sa manière - lors de conférences excellentes, les attentes des hommes d'aujourd'hui et de la société contemporaine envers les moines. Vous trouvez ces textes publiés ici. Ce sont d'ailleurs des exemples exceptionnels des différences culturelles : le sens du concret et l'humour anglais d'une part, la vision et l'esprit français d'autre part. Ces deux conférences ne sont donc pas seulement intéressantes par leur contenu, elles sont également un bon exemple d'inculturation.

Élargir notre regard, tel était le but essentiel de ce Congrès au seuil du troisième millénaire. Il me semble que cet objectif fut pleinement atteint. Les rapports sur la vie bénédictine en Afrique, en Asie et en Amérique Latine nous ont donné, à nous les abbés, un très bon panorama. Les contributions de l'AIM, du DIM et de la Commission pour la Chine ont montré que nous, Bénédictins, sommes bien plus présents autour du globe que nous en avons parfois conscience. Je voudrais ici remercier mon prédécesseur, l'Abbé Primat Marcel Rooney, qui a porté une attention toute particulière à ces organismes. Mère Maïre Hickey, Abbesse de Dinklage, nous a donné un aperçu du travail de la Commission des Bénédictines. Dans ce contexte, Sœur Esther Fangman a parlé d'un problème qui n'est pas très agréable mais qui ne peut trouver de solution que si nous ne l'occultons pas. C'est pourquoi vous trouverez ces textes.

Nous entrons donc en Bénédictins et Bénédictines dans le nouveau millénaire, per ducatum Evangelii, en continuant de chercher Dieu, en communauté de frères et de sœurs, sous une Règle et un Abbé. Ce ne sera pas toujours simple de réaliser nos idéaux dans nos sociétés et cultures respectives et de trouver le juste mode de vie. Veuille l'Esprit de Dieu nous conduire. Si nous le cherchons sincèrement nous apporterons notre contribution, comme centres spirituels, pour une Église vivante et pour sa mission dans notre monde.

+Notker Wolf OSB,

Abbé Primat