Témoignage de la modératrice

Sr Maura Ramsbottom, mmm, Mafoluku, Lagos, juin 2002

J'ai lu récemment dans un article : « La Règle de saint Benoît est comme un son, une mélodie »... Pourquoi, la question de saint Benoît : « Quoi de plus doux que cette voix du Seigneur qui nous invite ? », est l'une de ces mélodies. Elle nous entraîne toujours plus profond à travers des épaisseurs de sens et d'expérience.

Le rassemblement de quarante et un formateurs bénédictins et cisterciens pour un séminaire à Onitsha, au Nigeria, en janvier dernier, s'est révélé comme une manière significative de répondre à cette voix du Seigneur qui invite... Ce rassemblement faisait suite à un atelier précédent qui s'était tenu en 1997. Depuis cette date, le groupe s'était rencontré régulièrement et avait poursuivi la réflexion et le travail, sur « l'expérience de 971 », persévérante réponse des formateurs à l'invitation du Seigneur aujourd'hui.

Les participants sont arrivés avec un enthousiasme convaincu pour leur vocation monastique. J'ai perçu cette fois‑ci dans le groupe, une bien plus grande cohésion, une réflexion plus profonde sur leur vocation déformateurs aujourd'hui et des relations plus faciles entre eux ; cela a porté du fruit, en particulier dans la préparation et la célébration de la liturgie.

L'attention a porté non seulement sur les observances monastiques, mais sur le pourquoi de ces observances. il y avait aussi beaucoup moins de réticences que précédemment pour soulever et formuler des questions délicates.

Nous avons bon espoir que le groupe poursuivra sa recherche et sa réflexion sur l'inculturation de la vie monastique en Afrique. La Règle de saint BenoÎt tient compte du contexte local, par exemple pour les vêtements, l'usage du vin, le travail, etc. Les implications de cette contextualité ont besoin d'être explorées aujourd'hui. L'Église universelle a besoin d'intuitions perspicaces provenant de la recherche et de la réflexion nées de l'expérience. La sensibilité à la culture locale et à la tradition est nécessaire. La vie monastique, faite à la fois de contemplation et d'accueil de la Parole, auxquels s'ajoute un sens très fort de la tradition, est un lieu privilégié de discernement pour ces questions délicates.

Un certain temps a été consacré à une présentation et à une discussion sur l'Exhortation apostolique Vita consecrata, en référence aux fondements de la vie évangélique. Une discussion sur l'appel du Pape adressé aux femmes consacrées pour qu'elles aident à éliminer certaines perspectives partiales qui ne reconnaissent pas totalement la dignité de la femme et sa contribution spécifique à la vie de l'Église et à son activité pastorale et missionnaire, a soulevé des réactions vives et diverses. On a entendu des paroles enthousiastes mais aussi des paroles de prudence. Le temps et une réflexion priante apporteront très probablement davantage de liberté dans une telle discussion, cette sorte de liberté que j'ai perçue cette année lors de la discussion sur les observances monastiques.

L'apport de la psychologie dans le discernement des candidats et le processus de la formation a été nettement reconnu. Une réflexion plus approfondie dans ce domaine va très probablement se poursuivre et conduire à une saine intégration des éléments divins et humains dans la formation.

On a demandé aux participants d'échanger leurs points de vue sur la possibilité de créer un centre monastique pour le Nigeria (ou l'Afrique). Tous étaient convaincus de l'intérêt d'un tel centre, et on a suggéré que l'on pourrait utiliser, au moins pour un certain temps, les possibilités de certains monastères, cependant on fit remarquer que les décisions à ce sujet revenaient aux Supérieurs et non aux membres du groupe.

À mon avis, un tel projet bénéficierait grandement de l'apport des formateurs qui devraient poursuivre leur réflexion. Ce n'est pas à eux de prendre les décisions, mais leur contribution est importante et appelle une sérieuse recherche et réflexion, faites à la lumière de leur expérience vécue. Le besoin d'une formation spécifique pour les formateurs a été reconnue par le groupe, mais il est grandement nécessaire de poursuivre la réflexion pour articuler les éléments du programme souhaité; jusqu'à quel point acceptera‑t‑on que ce programme aborde la question de la maturation des participants (formateurs), tout en donnant un enseignement sur des sujets liés à la formation ? L'éventualité et les implications d'un tel centre monastique qui soit vraiment inter-Africain et pas seulement ouvert aux moines et moniales « d'autres pays », est à étudier.

L'anglais, qui est la lingua franca du Nigeria, a été utilisé pour les conférences et les échanges. Pour les participants, c'est leur seconde langue, voire leur troisième, et j'étais émerveillée qu'ils parlent si couramment et sachent s'adaptera ce bilinguisme. Malgré tout, certains ont eu des difficultés. Donc, si l'anglais continue d'être la langue en usage dans ces rencontres, peut‑être faudrait‑il prévoir des possibilités d'en approfondir l'étude à l'avenir ?

Personnellement, je me sens très privilégiée d'avoir eu l'occasion de vivre et de travailler avec ce groupe pendant presque cinq semaines. La sensibilité du groupe, sa joie, son désir de coopérer et de partager ont été un cadeau, particulièrement pour moi, mmm, dont la fondatrice et les premières soeurs on passé deux ans (ante natale !) à Glenstal, en Irlande, et dont les constitutions sont basées sur l'esprit de la Règle de saint Benoît. Enfin, la préparation soignée du Père Cornelius, le comité organisateur et les communautés monastiques ont apporté une contribution inestimable au succès du séminaire,

Puissent les communautés continuer d'écouter cette « voix du Seigneur qui invite » et y répondre.