Dans l’atelier du monastère. Evangélisation et bon zèle.

Introduction

            Sr Aquinata a traité à fond le thème de notre Symposium ‘RB 72 – Dans l’atelier du monastère’, par une analyse synchronique et diachronique de RB 72, avec une érudition nuancée. Son savant exposé de RB 72 a posé de bonnes fondations pour le sujet qui m’a été assigné pour ce symposium.

            Le titre original qui m’était assigné était ‘Evangélisation, le fruit du bon zèle’. J’ai commencé par accepter le sujet sans hésiter. Cependant, après quelques lectures sur ce thème j’ai demandé à M. Máire si nous pouvions laisser tomber le mot ‘fruit’ et reformuler le titre simplement comme ‘Evangélisation et bon zèle’. ‘Fruit’ évoque l’image d’un arbre qui donne du fruit en son temps. De même que le bon zèle, l’évangélisation ne doit pas être saisonnière.

            Le bon zèle, décrit par Sr Aquinata comme l’amour ardent pour le Christ qui s’exprime dans notre amour pour tous, a été imprimé dans le cœur de chaque chrétien à son baptême. Comme l’écrit St Paul : ‘L’amour du Christ a été répandu en nous par le Saint Esprit’. Par le Saint Esprit qui nous a été communiqué par les sacrements du baptême et de la confirmation, le chrétien baptisé partage cet amour en participant à la mission évangélisatrice du Christ pour proclamer l’amour de Dieu pour tous les peuples.

            L’évangélisation est inhérente à la vie de tout baptisé ainsi que le dit clairement Redemptoris Missio (RM)

L’élan missionnaire fait partie de la nature même de la vie chrétienne… L’activité missionnaire est une question pour tous les chrétiens, tous les diocèses et paroisses, les institutions et associations d’Eglise… C’est en s’engageant dans la mission universelle de l’Eglise que la nouvelle évangélisation des peuples chrétiens trouvera son inspiration et son soutien. (§ 1 et 2)

            Mon exposé comprend trois parties :

I          Evangélisation : signification, source, objectif, contenu, les moyens d’évangélisation et l’évangélisateur.
II         Evangélisation et RB dans l’histoire : la communauté monastique en tant que communauté pour l’évangélisation
III        Les Bénédictins et l’évangélisation au troisième millénaire


I          Evangélisation : signification, source, objectif, contenu, les moyens d’évangélisation et l’évangélisateur.
 
            Le fondement même de l’Eglise est la mission car l’Eglise est missionnaire par sa nature même. ‘l’Eglise pérégrinante est missionnaire de par sa nature même car c’est de la mission du Fils et de la mission du Saint Esprit qu’elle tire son origine, en accord avec le décret de Dieu le Père. Ce décret, toutefois, découle de la source d’amour ou charité de Dieu le Père’ (Ad Gentes 2). La Trinité est la source de la mission évangélisatrice. La vie chrétienne elle-même dérive de l’activité missionnaire trinitaire, et l’élan de la mission évangélisatrice trouve sa place de droit dans la vie chrétienne ordinaire.

            Le terme évangélisation comporte différentes nuances. Par exemple dans l’Exhortation apostolique Evangelii Nuntiandi (EN), cela signifie ‘porter la Bonne Nouvelle partout à l’humanité, et par son impact, transformer cette humanité de l’intérieur, en la rendant nouvelle’ (EN 18). L’Eglise accomplit sa mission évangélisatrice par des activités multiples. C’est là une conception large de l’évangélisation. Dans le même document, l’évangélisation est reconnue comme signifiant plus spécifiquement ‘la proclamation claire et sans ambiguïté du Seigneur Jésus’ (EN 22), qui n’est, le pape l’admet, qu’un des aspects de l’évangélisation mais, parfois, semble en être devenue synonyme.

            L’évangélisation doit être considérée comme la totalité de ses divers éléments. Toute compréhension partielle, limitée ou fragmentaire de l’évangélisation risque de l’appauvrir et de la déformer  (EN 17, 24). L’évangélisation ou la mission évangélisatrice doit référer à la mission de l’Eglise dans sa totalité ;

            Dans ma présentation, j’utiliserai le terme évangélisation dans son sens large qui englobe déjà l’objectif et le contenu de l’évangélisation. L’objectif est la transformation de l’humanité. Le contenu est la bonne nouvelle du royaume, ou Jésus Christ lui-même.

L’évangélisation contiendra toujours comme son fondement, le centre et le sommet de tout son pouvoir dynamique, cette déclaration explicite : en jésus Christ qui est devenu homme, est mort et ressuscité des morts, le salut est offert à chaque personne comme le don de la grâce et de la miséricorde de Dieu lui-même (EN 27).

            L’évangélisation se fait par un développement intégral de la personne, dans sa relation à dieu et à la communauté. ‘L’évangélisation prend la personne comme son point de départ, et revient à ses interrelations entre les personnes et leur relation à Dieu’  (EN 20).

            Nous pouvons résumer les moyens de l’évangélisation comme témoignage ou présence, proclamation, conversion et baptême, constituer des églises locales, inculturation, dialogue et développement humain intégral (RM 42-59). RM  discute les détails au chapitre cinq sur les Chemins de la mission, les moyens par lesquels nous pouvons accomplir la tâche de l’évangélisation.
 

II         Evangélisation et RB dans l’histoire : la communauté monastique en tant que communauté pour l’évangélisation.

            Cette seconde partie de ma présentation se divise en 3 sections :

1.     Modèles bibliques de bon zèle et évangélisation
2.     RB 72 – comment il est vécu dans l’histoire
3.     RB 72 et l’enseignement de l’Eglise
 
1.     Modèles bibliques de bon zèle et évangélisation

L’Abbé Jérôme nous a déjà donné un exemple individuel dans la personne de Barnabé, comme modèle de bon zèle qui a influencé et transformé une communauté chrétienne. Le Livre des Actes rapporte que c’est à Antioche, où Barnabé et Saul ont enseigné pendant une année que les croyants ont été appelés chrétiens pour la première fois.

Après un modèle biblique individuel, considérons la première communauté chrétienne décrite au Livre des Actes (2,43 sq)

Tous ceux qui étaient devenus  croyants étaient unis et mettaient tout en commun… Unanimes ils se rendaient chaque jour assidûment au Temple ; ils rompaient le pain à domicile, prenant leur nourriture dans l’allégresse et la simplicité du cœur. Ils louaient Dieu et trouvaient un accueil favorable auprès du peuple tout entier.

L’un des objectifs centraux de la mission est de rassembler les gens pour l’écoute de l’Evangile, dans une communion fraternelle, la prière et l’Eucharistie. La première communauté chrétienne, composé de cœurs joyeux, humbles et généreux (Ac 2,46), était ouverte et missionnaire. Avant même tout activité l’évangélisation signifie témoignage et un mode de vie qui brille devant les autres (EN 31-33 ; 41-42). ‘Le but ultime de la mission est de permettre aux autres de participer à la communion qui existe entre le Père et le Fils. Les disciples doivent vivre dans l’unité les uns avec les autres, demeurant dans le Père et le Fils, pour que le monde puisse connaître et croire. (cf Jn 17,21-23). Voilà un texte missionnaire de première importance. Il nous permet de comprendre que nous sommes missionnaires avant tout par ce que nous sommes en tant qu’Eglise dont la vie la plus intime est l’unité dans l’amour, avant même que nous devenions missionnaires en parole ou en action’ (RM 23).

Le Nouveau testament indique que l’évangélisation, qui s’est adressée d’abord à Israël puis aux Gentils, se développe sur plusieurs niveaux.

Il y a d’abord le groupe des 12 qui, en un seul corps, a été appelé par Jésus Christ pour être avec lui et ensuite être envoyé pour prêcher la bonne Nouvelle (Mc 3,13 sq). Puis il y a la communauté des croyants qui, par son mode de vie et son activité, témoigne du Seigneur et convertit les Gentils (Ac 2,46 sq). Il y a aussi des missionnaires spéciaux envoyés pour proclamer l’Evangile. La communauté chrétienne d’Antioche envoie ses membres en mission pour évangéliser : ‘Un jour qu’ils célébraient le culte du Seigneur et qu’ils jeûnaient, l’Esprit Saint dit : “ Réservez-moi donc Barnabas et Saul pour l’œuvre à laquelle je les ai appelés. ”’ (Ac 13,1-4)

Les textes bibliques montrent qu’à l’origine l’évangélisation est un engagement communautaire, une responsabilité de l’Eglise locale. Au Livre des Actes, la mission  ad gentes était considérée comme le résultat normal de la vie chrétienne, à laquelle chaque croyant s’engageait par le témoignage de sa conduite personnelle et la proclamation explicite partout où c’était possible.

La vie monastique est une expérience vécue concrète d’évangélisation.


2.     RB 72 – comment il est vécu dans l’histoire
 
Sr Aquinata fait remarquer justement que le bon zèle est l’amour intense du Christ et des autres. Il est dit clairement en RB 72 que le but du bon zèle est l’amour de Dieu et le désir de la vie éternelle (vv 2 & 12). Ce bon zèle s’exprime dans l’empressement des moines à montrer du respect aux autres, à porter les infirmités les uns des autres, à la fois de corps et de caractère, et dans l’obéissance (vv 3-6). Les moines peuvent surmonter toutes le difficultés et porter les fardeaux les uns des autres s’ils sont concentrés sur le but qui est l’union à Dieu et le désir de la vie éternelle.

La première tâche de la communauté monastique est donc de s’évangéliser elle-même, c’est à dire de manifester cet amour ardent par le service et l’acceptation mutuels, notre mission ad intra.

            Sr Sonia a bien décrit dans sa présentation comment l’amour peut se manifester ‘dans toutes les choses apparemment petites de la vie quotidienne du monastère. L’amour demande… que nous fassions des relations une priorité dans nos vies… demande que nous collaborions à construire la communauté à notre place et en notre temps.’

            L’évangélisation doit partir de l’intérieur. Un exemple classique est la communauté envisagée par St Benoît. Il a décrit clairement dans la Sainte Règle comment doit être une communauté monastique. Nous voyons la sagesse de St Benoît qui exhorte les moines à intensifier d’abord l’amour pour Dieu et les membres de la communauté (RB 4), car cela sert à poser les fondements et en même temps comme tremplin pour rencontrer les gens en dehors des murs de notre monastère, c’est la mission ad extra (AG 11 ; RM 34). Du VIème   siècle, l’époque de St Benoît, passons au VIIIème siècle avec les écrits de Bède le Vénérable. Celui-ci décrit comment le groupe des moines envoyé par le pape Grégoire le Grand en l’an 596, avec Augustin de Cantorbéry, s’y prit pour évangéliser l’Angleterre :

            Dès qu’ils eurent occupé la maison qu’on leur avait donnée, ils commencèrent à imiter la vie des apôtres et de la primitive Eglise. Ils priaient ans cesse, jeûnaient et veillaient, ils prêchaient la parole de vie à tous ceux qu’ils pouvaient. Ils considéraient les choses du monde comme de peu d’importance et n’acceptaient de ceux qu’ils enseignaient que la nourriture indispensable. Ils mettaient en pratique ce qu’ils prêchaient et enduraient volontiers les choses pénibles, et même ils étaient prêts à mourir pour la foi qu’ils proclamaient. De nombreux païens qui admiraient la simplicité de leur vie sainte et le réconfort de leur message céleste, crurent et furent baptisés.

            Nous connaissons bien l’histoire bénédictine et nous savons que la première tâche dans toute fondation est de consolider d’abord la vie communautaire avant de s’engager dans la mission ad extra. Les communautés monastiques évangélisent lorsque les membres vivent ensemble et persévèrent dans la foi, la prière, la joie, l’unité, le pardon, l’hospitalité et l’harmonie. Elles deviennent alors un témoignage pour notre monde de divisions et de violence, elles montrent qu’il est possible de vivre ensemble malgré les différences individuelles, raciales et culturelles.

            Mère Henriette nous a partagé un exemple contemporain, sa propre communauté. Je suis certaine que chacune de nous ici présente pourrait citer l’expérience en la matière de nos communautés respectives. Je pense que cela viendra durant nos partages en petits groupes.

            Venons-en maintenant à la troisième section de cette partie qui se propose d’examiner si la pratique bénédictine, que nous pouvons aussi appeler coutume, est en accord avec l’enseignement de l’Eglise.
 

3.     RB 72 et l’enseignement de l’Eglise

Notre saint Père Jean Paul II parle de l’importance de la présence d’une communauté chrétienne pour une évangélisation effective dans son encyclique Redemptoris Missio

Il est avant tout nécessaire de s’efforcer d’établir partout des communautés chrétiennes, des communautés qui sont un signe de la présence de Dieu dans le monde… C’est la responsabilité de l’Eglise universelle et des églises particulières, de tout le peuple de Dieu et de toutes ses forces missionnaires… Chaque Eglise est missionnaire de nature, et est à la fois évangélisée et évangélisatrice… L’activité évangélisatrice de la communauté chrétienne, d’abord dans sa localité et puis ailleurs comme faisant partie de la missions de l’Eglise universelle, est le signe le plus évident de la maturité de sa foi. Une conversion de pensée radicale est requise pour devenir missionnaire, et ceci est vrai tant pour les individus que les communautés entières. Le Seigneur nous appelle toujours à sortir de nous-mêmes et à partager avec  autrui les biens que nous possédons ; à commencer par le bien le plus précieux de tous, notre foi. (§ 49)

La loi de l’Eglise prévoit le rôle des religieuses dans l’évangélisation :

Les membres des Instituts de Vie consacrée qui se consacrent au service de l’Eglise par suite de leur consécration même, ont l’obligation de jouer un rôle spécial dans l’activité missionnaire, d’une manière appropriée selon leur Institut. (CIC 713)

Jean Paul II reconnaît aussi ce rôle important lorsqu’il écrit :
L’histoire témoigne du service remarquable rendu par les familles religieuses pour répandre la foi et dans la formation de nouvelles églises : depuis les institutions monastiques anciennes jusqu’aux ordres médiévaux jusqu’aux congrégations  plus récentes.

            Nous devons porter un témoignage glorieux à la majesté et à l’amour de Dieu, ainsi qu’à l’unité dans le Christ (AG 40), dans un don total de nous-mêmes à Dieu et une complète disponibilité à servir l’humanité et la société à l’exemple du Christ. (EN 58 sq)

            C’est précisément ce que recommande St Benoît dans sa Règle, particulièrement en RB 72, sur le bon zèle que doivent voir les moines.

Nous voyons que les vues de St Benoît sont contemporaines parce qu’elles sont le fruit de la lectio divina  et de la lectio vitae. La Sainte Règle est un produit de sa  lectio, ruminatio, meditatio  et contemplatio de la Parole de Dieu complétée par son expérience à l’école du service du Seigneur. Ce doit être la raison pour laquelle jusqu’au troisième millénaire et je pense les millénaires à venir, la Sainte Règle est et sera vibrante et actuelle.

            Ceci nous amène à la dernière partie de cet exposé où nous examinerons les défis de l’évangélisation au troisième millénaire et comment nous, Bénédictines nous pouvons les relever efficacement.
 

III        Les Bénédictins et l’évangélisation au troisième millénaire

            Dans cette partie je voudrais poser quelques questions pour lesquelles je ne prétends pas avoir de réponses toute faites.

            Nous sommes confrontées aujourd’hui à une situation extrêmement diverse et changeante. Les réalités sociales et religieuses qui étaient autrefois claires et définies sont aujourd’hui de plus en plus complexes. Le terrorisme international, l’extrême pauvreté, les migrations (notamment les réfugiés), la mondialisation économique, la sécularisation des valeurs, une nouvelle moralité sans fondement religieux ou biblique : tous ces phénomènes représentent un sérieux défi pour la mission évangélisatrice de l’Eglise en général, et pour nous Bénédictines en particulier.

            Comment maintenir et promouvoir le bon zèle en face de toutes ces réalités ? Comment évangélisons-nous des personnes qui idolâtrent le terrorisme et considèrent des bombardements suicides comme de l’héroïsme ? Comment évangélisons-nous le processus de mondialisation de sorte qu’il profite réellement aux pauvres ? Comment évangélisons-nous les moyens de communication sociale de sorte que les valeurs qu’ils transmettent soient en consonance avec l’Evangile ? Comment combattons-nous la sécularisation dans la vie publique et privée ? Comment faisons-nous pour promouvoir la famille, la cellule de base de la société, de sorte qu’elle soit levain d’Evangile dans la société ?

            Ces questions qui mettent au défi notre foi et notre bon zèle impliquent à coup sûr la communauté monastique et chacune de nous. Comment faisons-nous, en tant que Bénédictines et communautés monastiques, remplies de bon zèle ainsi que le voulait St Benoît, pour contribuer à la résolution des questions soulevées ci-dessus ?

            Ces questions sont toutes en relation avec un renouveau. C’est notre tâche de nous renouveler pour que nous soyons crédibles dans notre mission évangélisatrice. Ce renouvellement exigera une conversion profonde des mentalités, des valeurs, des modes de vie, des manières d’entrer en relation, d’agir.

            Notre Saint Père Jean Paul II rappelle que ‘le missionnaire doit être un contemplatif en action’ (RH 91). Il poursuit : ‘l’avenir de l’évangélisation dépend pour une large part de la contemplation. A moins d’être un contemplatif le missionnaire ne peut proclamer le Christ de manière crédible.’

            La personne consacrée a une manière spéciale d’exprimer son amour de l’Eglise et du monde en partageant ses richesses spirituelles. Nous Bénédictines sommes les héritières d’une riche tradition spirituelle. Comment la communiquons-nous à l’Eglise et au monde aujourd’hui ?

            Nous sommes toutes appelées à évangéliser (cf Mc 3,16 sq). Le but de notre mission évangélisatrice est le développement intégral d’une personne. Nous sommes toutes appelés à une évangélisation intégrale.

            Notre première tâche est d’être une communauté de disciples, une communauté qui adore et célèbre ensemble l’Eucharistie, d’être un témoignage de vie chrétienne, d’apporter un message d’espérance et d’optimisme pour une humanité qui est toujours menacée par l’égoïsme, le racisme et le terrorisme.

            Le bon zèle nous permet un exode radical de notre égoïsme, d’ouvrir un espace pour que Dieu pénètre dans notre cœur. Nous nous ouvrons à Dieu dans notre prochain. Dieu est entièrement intérieur et entièrement autre ; ainsi, pour aimer Dieu nous devons aimer autrui et nous-mêmes.

            Nous ne pouvons évangéliser ce que nous n’aimons pas. Nous devons donc apprendre à aimer ce monde avec tous ses plus et ses moins, tout comme Dieu a tant aimé le monde qu’Il a envoyé Son Fils unique. (Jn 3,16)

            Cet amour est très risqué. Giddens déclare que dans ce monde dangereux qui se dirige vers un avenir inconnu, la seule solution est de prendre des risques : ‘Prendre positivement un risque est la source même de cette énergie qui crée la richesse dans une économie moderne… Le risque est la dynamique mobilisatrice d’une société orientée vers le changement.’ C’est le risque de l’amour, le risque de la vie pour l’autre qui peut ne pas m’aimer ou ne pas me comprendre, le risque de permettre à un Dieu inconnu de diriger ma vie.

 
Conclusion

            L’évangélisation au troisième millénaire exige des femmes zélées capables d’être une présence contemplative active et une voix prophétique qui résonne dans notre monde chaotique.

            Si nous pouvions vivre pleinement notre vocation de chrétiennes, et encore plus de Bénédictines, alors nous pourrions faire une différence, devenir une contre culture pour un monde qui cherche un sens à l’existence.

            Si St Benoît se tenait devant nous maintenant, j’imagine qu’il nous dirait ‘Mes filles, continuez à être une lumière pour le monde.’

            MERCI.