Monastères du nord-est Brésilien

Visite de l'AIM septembre 2007

    Sous l'éclat du soleil levant et couchant, des lieux enchanteurs surgissent de l'ombre où des monastères séculaires se sont insérés dans une nature rapprochant la mer de la montagne, la forêt des zones urbaines. En outre, ces communautés ont engrangé dans leur architecture comme dans leurs archives l'histoire fascinante du Brésil : manuscrits et livres datant du début du XVe siècle telle l'étonnante collection d'incunables et d'éditions princeps à l'abbaye São Bento à Rio de Janeiro, mémoire des premiers colons dans des peintures de l'église Nossa Senhora da Graça à Salvador da Bahia, architecture baroque, histoire de la réforme monastique à la fin du XIXe siècle (Beuron et Mgr. Gérard Van Caloen), évocation de la première faculté de droit à l'abbaye d'Olinda, pierres tombales soulignant la présence de personnalités et d'humbles figures qui enserrent le cloître dans l'histoire du monastère et de l'Église, ainsi que la vie actuelle de ses communautés et de leur apostolat, facultés de théologie, académies, collèges et autres engagements apostoliques qui donnent à ces monastères une dimension à la fois pleinement contemplative et engagée dans l'éducation des jeunes, des enfants ( crèches, alphabétisation, cours multiples) sans oublier l'école de ballet organisé par les moniales de Salvador da Bahia.

   C'est à l'invitation de l'Archiabbé Emanuel d'Able do Amaral, osb, que le P. Matias Fonseca de Medeiros, moine du monastère de Rio, est venu me proposer d'organiser cette visite des monastères dans le Nord-est brésilien et de m'accompagner dans toutes mes démarches. Ce séjour fut pour moi une découverte incomparable de la vie des moines, des moniales et des sœurs de Tutzing dans une perspective limitée à trois semaines dans quelques douze communautés.

    La première étape fut celle de Recife, ancienne capitale du Prince Maurice de Nassau-Siegen, considérée, par ses canaux, comme la Venise du Nord. À une dizaine de kilomètres plus au nord, Olinda, la belle, qui fit sa fortune avec Recife dans ses immenses champs de canne à sucre qui s'étendent le long de la côte jusqu'à Caruaru. La première communauté visitée fut celle de Garanhuns, sur la hauteur, à 200 kms au sud de Recife. Leur prieur, Gregório Pereira Lima, ancien prieur du monastère de São Bento à Rio s'y dévoue sans compter. Adossé à une colline, le monastère de São Bento domine une place du même nom, mais qui originellement portait le nom de Tiradentes, un des premiers patriotes du Brésil qui le paya de sa vie. Composé d'une quinzaine de moines, le monastère est un lieu de paix et de silence, accueillant de nombreux touristes aux périodes de vacances. Le froid s'installe en juillet et les hôtes arrivent. L'importance de l'hôtellerie marque le présent et l'avenir de cette communauté qui doit encore s'intégrer davantage dans le contexte local. À l'origine, en 1940, le lieu était en effet une école claustrale de la Congrégation brésilienne. Fermée en 1966, le monastère est devenu une maison dépendante du monastère d'Olinda jusqu'à son autonomie en 1986. La communauté se développe progressivement par les vocations venues du Nord-est.

    Olinda, la belle, culturelle et historique, aux rues sinueuses bordées de maisons colorées domine le nord de Recife de ses huit collines boisées et de plusieurs églises baroques. C'est la perspective superbe sur l'église de la Sé datant de 1537 où repose l'ancien archevêque dom Hélder Câmara, c'est aussi les trois communautés bénédictines admirablement situées. Accueilli par Dom Filipe da Silva, l'Abbé, me voici au Monastère de São Bento, bâti en 1592, devint abbaye en 1596. La sacristie est un bijou de composition baroque et cette finesse extrême dans l'art se prolonge dans l'église, chapelles, jubé, stalles.... Les pierres tombales sur le pavement du cloître baroque aux lignes harmonieuses et rythmées confère au lieu une sérénité surnaturelle et ouvre à l'histoire ancienne et récente 1. La salle du Chapitre, ornée de dessins académiques et didactiques de l'école beuronnienne, met en évidence la Croix de restauration venue de Maredsous et à l'entrée, une inscription rappelle que la première faculté de droit du Brésil fut installée au monastère pendant 24 ans. En 1895, il restait un seul moine brésilien. La grande restauration faite par la Congrégation de Beuron et la présence forte de dom G. Van Caloen 2 donna un nouveau souffle au monachisme brésilien qui en porte encore la trace. D'un côté, la rigueur monastique allemande et de l'autre l'élan missionnaire belge. Peut-être a-t-il fallu attendre que Dom Basilio Penido devienne l'Abbé du lieu en novembre 1961 pour que le monachisme brésilien retrouve sa souplesse et son authenticité. C'est toujours la tâche de l'Abbé actuel. Le rayonnement de l'abbaye est multiple : église, liturgie, et collège de 1500 élèves.

    On rapporte qu'au tournant du siècle, dom Van Caloen, Abbé, se rendait chaque jeudi en récréation non loin de là au monastère de Nossa Senhora do Monte 3. Il arrivait à cheval, en procession, accompagné de sa communauté à pied, prieur en tête, suivi des profès et des novices en queue de peloton. Aujourd'hui, plus d'une vingtaine de moniales. C'est l'abbaye de Belo Horizonte qui fonda en 1963 cette communauté accueillante, menant une vie austère, faite de prière et de travail : reliure, biscuits, liqueurs. Leur Abbesse, jeune et fraichement élue, Mère Verônica de Souza Silva fait face aux problèmes économiques et sociaux. Des groupes de jeunes « sans terre » se sont installés autour du monastère et rivalisent entre eux sur les limites de leur terrain, forçant les moniales à mieux se protéger à l'égard de ces bandes. La réunion de la communauté se tient dans une véranda ouverte où de petits singes viennent pointer l'oreille pour écouter les propos des moniales. Ils rappellent combien ces lieux vallonnés boisés dominent les plages de la capitale du Pernambouc.

    La troisième communauté visitée, celle des Sœurs bénédictines de Tutzing, elles aussi appelées au début du XXe siècle par dom G. Van Caloen. Actuellement, elles sont plus de 80 dans le prieuré d'Olinda, réparties en 10 maisons dans le Nord-est ; un autre groupe d'une centaine de sœurs œuvre dans la région de São Paulo en 12 communautés s'étendant jusqu'en Argentine. Leur travail est immense. À Olinda, elles gèrent une académie de 1500 étudiantes, une école supérieure centrée sur les Lettres et la Psychologie. École maternelle, enfants des favelas, catéchèse font partie de leur apostolat. Nous avons pu rencontrer la Supérieure du Brésil, Mère Evamaria Regis et la Prieure générale de Rome qui séjournait au Brésil, Mère Angela Strobel. De là, le P. Matias m'amène jusqu'à Natal où demeurent ses parents, et un frère. Cette capitale du Rio Grande do Norte est envahie de touristes et d'hôtels qui abîment fortement l'environnement. L'accueil si beau de sa famille est émouvant et me permet de faire connaissance avec sa mère qui a le secret des fines recettes du Nord-est. Plus tard, sa sœur qui a épousé un officier supérieur de l'Armée de l'Air, nous invitera avec la même délicatesse à Rio de Janeiro. Dans l'autobus qui nous ramène à Olinda, nous passons à côté de João Pessoa où dom Gaspard Lefèvre, moine de Saint-André à Bruges, fut supérieur. Puis, c'est l'envol pour Salvador da Bahia.

   C'est à Porto Seguro, sur la côte méridionale de Bahia que le navigateur Pedro Alvares Cabral accoste en 1500. Un an plus tard, c'est l'arrivée des premiers colons à la fête de Todos os Santos et la première installation des Bénédictins venus du Portugal en 1582. De la première chapelle au bord de la mer dédiée à Saint Sébastien, martyr, à la construction de la Chapelle Nossa Senhora da Graça et à la grande abbaye de São Bento, vieille de 425 ans, l'histoire est longue. Retenons les origines lorsqu'une princesse indienne, la vénérable Catarina Alvares Paraguassu, évita un massacre portugais et offrit des terres aux Bénédictins; la petite église de Monteserrat, du XVIe siècle, toujours desservie par les Bénédictins. L'Archiabbé Emanuel nous accueille merveilleusement dans l'abbaye baroque aux isométries cubiques s'inscrivant dans les formes curvilignes, d'une grande finesse, de l'ensemble de la construction, le cloître, le réfectoire, les merveilleuses boiseries des couloirs et des espaces ouverts, des cellules, du chapitre et de l'église Saint Sébastien aux coupoles originales. C'est la chapelle abbatiale qui est la plus ancienne sans compter les reliques et le trésor accessible par le jubé 4. Parmi les derniers Abbés, citons Timóteo Amoroso et Paulo Rocha.

   La ville est aussi celle du brassage des cultures, de la musique (João Gilberto et Caetano Velloso), du rythme, de la danse (capoeira), des grands écrivains (Jorge Amado...) et du mysticisme souvent syncrétique 5. Tant de choses seraient à relater sur les cultures africaines, les « pais et mães » des terreiros du Candomblé, le travail impressionnants des esclaves artisans et artistes qui bâtirent et ornèrent tant d'églises et de demeures, la manière dont ils furent enchaînés à même l'eau de mer comme un moine me l'a montré sous le Mercado central, le carnaval, le Conjunto do Pelourinho. L'abbaye fut la première à libérer les esclaves 23 ans avant la proclamation officielle. Le monastère compte actuellement 23 moines qui œuvrent surtout dans une école supérieure de Philosophie et de Théologie et dans un collège comprenant de très nombreux élèves.

   Quant aux Bénédictines et leur Abbesse Mère Vera Lucia Parreiras Horta, elles sont établies à l'extrémité interne de la baie au milieu des quartiers pauvres et des bandes rivales qui s'affrontent parfois à coup de revolver devant le monastère. Leurs activités sont multiples, étoles et chasubles réputées par leur fine broderie, tissage, hôtellerie, école de ballet pour les enfants, crèche et éducation des enfants jusqu'à 6 ans. C'est avec admiration que le P. Matias et moi-même avons assisté à une représentation faite en notre honneur. Mais déjà il nous fallait reprendre l'avion Nous voici donc à Rio de Janeiro, sublime par ses pics montagneux et boisés qui reposent sur un écrin aux couleurs ocre, azur et d'un bleu sombre pour ses lacs environnés de gratte-ciels. Les contrastes sociaux apparaissent dès la sortie de l'aéroport dans un Brésil profondément inégalitaire 6. La place des enfants est souvent tragique car chaque année, les enfants disparus ne font que croître et plus d'un millier d'enfants sont assassinés 7. Le samedi 8 septembre, l'abbaye São Bento de Rio fêtait une de ses grandes figures, Mgr. Clemente Isnard, osb, évêque émérite de Nova Friburgo, dont on célébrait les 90 ans. Il fut une grande figure de la réforme liturgique au Brésil après le Concile Vatican II. C'était aussi la fête patronale de l'abbaye.

   Le monastère de São Bento occupe une place névralgique sur un promontoire rocheux dominant la baie grandiose et le canal de l'île aux Serpents, aujourd'hui occupée par la marine militaire. Du réfectoire baroque, aux fenêtres ouvertes le soir, des bateaux éclairés glissent doucement sur l'eau, prolongeant la méditation des moines, tandis que le bruit des voitures sur la double voie rapide qui contourne le monastère rivalise avec la voix du lecteur lisant recto-tono un ouvrage décrivant l'histoire des dernières années de la Congrégation portugaise à l'époque napoléonienne. Somptueuse, dans son baroque rococo, l'église s'impose comme un des lieux majeurs de Rio, avec le Corcovado et le « Pain de sucre ». Elle est dédiée à la Vierge du Montserrat qui domine le chœur. La chapelle à Notre-Dame de la Conception garde la mémoire des origines du monastère. D'autres chapelles, sont vénérées par des confréries et des fraternités, telle Notre-Dame du Pilar, St Blaise, Ste Gertrude, St Laurent, Ste Ide et Ste Françoise romaine.

   La liturgie, accompagnée à l'orgue par le P. Matias suit la tradition de Beuron 8. Si dom G. Van Caloen fut l'Abbé de ce monastère, l'assise contemplative de la spiritualité, propre à chaque communauté est ici sans équivoque, suivant la tradition reçue sans en modifier le moindre usage. À travers ce périple des monastères côtiers, nous avons pu ainsi mieux cerner les sources de leur spiritualité. Si celles-ci sont d'abord portugaises, elles avaient subis à l'époque des règles mixtes deux influences : celle d'Isidore de Séville et de Fructueux de Braga. L'influence culturelle des milieux aristocratiques reste indéniable.

   Au monastère de Rio, le premier étage qui fait le tour du cloître est entièrement consacré à la Bibliothèque et une salle complémentaire protège les incunables, éditions princeps des Mauristes, de Migne et bien d'autres trésors écrits. Les moines consacrent un temps important à l'éducation et à la formation. Un collège réputé de 1200 élèves s'est développé à côté du monastère et de l'autre, une Faculté de philosophie et de théologie. Un symposium s'y déroulait sur les discours du Pape Benoît XVI prononcés à l'occasion de son récent voyage au Brésil (du 9 au 13 mai). On reste impressionné par le soutien social de l'abbaye : 482 personnes y travaillent, parmi lesquels 182 professeurs. Comme dans le Nord-Est, l'accueil de la communauté est on en peut plus chaleureux, attentionné et précieux. Le Père Abbé Roberto Lopes, osb, se propose de nous piloter dans la deuxième étape du voyage jusqu'aux abords de São Paulo pour visiter quelques monastères féminins : Campos do Jordão, Caxambu, Juiz de Fora et Petrópolis.

   Chaque fois, c'était la découverte d'un nouveau site, d'une communauté, de leur liturgie, de la visite de tous les lieux et des projets à venir. L'accueil restait discret et attentionné. À Campos do Jordão,, le climat et le paysage fleuri se rapprochaient de la Suisse fleurie ; la façade du monastère complètement transformée est harmonieuse. Le monastère vit de l'accueil, de son artisanat, avec le souci de la catéchèse des jeunes et d'aider les personnes démunies. Si l'accueil de Mère Myriam de Castro et de sa communauté reste inoubliable, les échanges ont montré la nécessité de restructurer le bâtiment où travaillent les moniales et sans doute leur apporter une aide technique pour mieux rentabiliser leurs activités. À Caxambu, ville d'eau thermale, les moniales sont situées à l'écart sur une haute colline dominant la région. Leur bâtiment d'une extrême pauvreté demande un réexamen de l'articulation des lieux ; la toiture en amiante doit aussi être changée. Le travail ne manque pas sur place et pour l'AIM ! Au cœur de la ville industrielle et universitaire de Juiz de Fora, le monastère, à quelques rues du centre urbain, est adossé à la montagne. Mère Paula Iglésias qui conduit sa communauté avec tact et diligence, a développé un centre de publications monastiques et une « Revista beneditina » qui connaît un succès grandissant. En outre, les activités artisanales ne manquent pas et le projet de publier le Bulletin de l'AIM, ou une partie de celui-ci est décidé. Le premier numéro est programmé pour la fin de l'année. Avec ses 55 communautés monastiques, le Brésil devient un centre monastique important pour l'Amérique latine. Le monastère construit aussi une nouvelle bibliothèque communautaire. Quant à Petrópolis, plus proche de Rio de Janeiro, ce fut la ville impériale qui reste en partie la propriété de la famille d'Orléans et de Brangança. Cette jolie ville de montagne, bordée de demeures avec une véranda soutenue de colonnettes est le fruit d'une immigration allemande au XIXe siècle (Bingen et Moselle). Mère Maria Auxiliadora da Silva Canuto et ses quinze moniales nous font d'emblée visiter le nouveau monastère en construction. Il est vrai que bien des lieux sont désuets et doivent être revus. L'artisanat est classique : cierges, bricelets, cartes postales...

   Je terminerai cet aperçu des monastères visités par celui des Camaldules près de Sao Paulo, Mogi das Cruzes. Un ami, ancien Supérieur des camaldules, le P. Emmanuel Bargellini et le Prieur.Luigi Dezza nous accueillent avec la cordialité italienne. Le monastère est superbe : mur d'enceinte, bâtiment d'accueil au centre, cellules des moines-ermites juxtaposées deux à deux dans un espace de verdure et de fleurs, enclos des novices et un groupe de sœurs dans un espace à part géré par quelques sœurs venues de Tanzanie. Tout est d'une qualité empreinte de beauté et de recueillement. Un seul novice et quelques postulants font augurer d'un avenir possible. De ce voyage utile et fécond par cette découverte du genius loci propre à chaque site et des visages rencontrés, il revient à l'AIM de susciter et de soutenir des processus de formation pour les moniales, de les aider à mieux structurer la coordination des lieux et de développer des artisanats qui conduiront les communautés à l'autonomie financière. Pour les monastères masculins, tous urbains, comme la plupart des communautés féminines, un soutien financier reste nécessaire pour tout projet extraordinaire, telle la construction d'une hôtellerie moderne. En célébrant la naissance de la publication des articles du Bulletin de l'AIM en portugais c'est à une plus grande communion ad intra et ad extra qui peut croître dans l'hospitalité attentionnée de ce Brésil si contrasté socialement et qui a tant besoin de communautés fondées sur la tradition monastique.

P.Martin NEYT          
Président de l'AIM     


1. Parmi les premiers moines, Feuillen Lhermitte, Damien Mauthe, Maternus Minkenberg, Joseph Sonntag, tous emportés entre 1897 et 1904 par la fièvre jaune. Parmi les derniers, un ancien moine de l'abbaye du Mont-César, le P. Félix Bruneau décédé en 1993.

2.  Moine de Maredsous qui appartenait à la Congrégation de Beuron, il est envoyé à Olinda, devint successivement Abbé à Rio, évêque de la Prélature de Rio Branco attenant au Venezuela, fonde l'abbaye de St André à Bruges et bénit les quatre premiers Abbés brésiliens en 1907.

3.   Cette vénération provient de Funchal, capitale de Madère.

4.   Cinq mille objets, ou groupes d'objets ont été répertoriés comme historiques.

5.   Nosso Senhor do Bonfim est aussi honoré comme celle de Xangô la divinité-orixá des Yoruba, puis du Candomblé.

1.   Dix pour cent de la population, parmi les plus pauvres possèdent 1% des revenus, tandis que 10% des plus riches en possèdent 45.

6. Sur les 60 millions d'enfants brésiliens, 53% souffrent de sous-alimentation.

7.  Mgr Zeller joua un rôle important dans cette transmission. Après avoir été visiteur apostolique, il fut élu en 1933 archiabbé de la Congrégation et nommé plus tard évêque-prélat, titulaire du diocèse de Rio Branco.