Éditorial

« Les Psaumes, notre prière »

P. Martin Neyt, osb, président de l’AIM


Quel Dieu prions-nous dans les psaumes? Quels visages de Dieu se dévoilent dans ces prières répétées de génération en génération ? Pour nous chrétiens, ces textes sacrés de supplication et de louange, de ténèbres et de lumière, trouvent leur sens plénier dans le mystère de la passion, de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ.

Des réflexions fondamentales nous sont offertes par l’Abbesse de Mariendonk, soulignant la face prophétique et existentielle des psaumes. L’Abbé de Ramsgate puise dans l’expérience de la tradition monastique primitive et dans le Prologue de la Règle bénédictine. Mais comment aborder les psaumes imprécatoires ? C’est l’Abbesse de Chester qui traite cet aspect complexe. Quant au P. Philippe Rouillard, osb, il situe le psautier liturgique dans l’histoire et l’aujourd’hui de nos monastères.

À ces considérations fondamentales succède l’expérience de vie de trois communautés en Asie, en Afrique et en Amérique latine : tout d’abord, celle des moniales de Bunda Pemersatu-Gedono en Indonésie ; puis, celle de l’abbaye de Keur-Moussa au Sénégal pour laquelle le P. Jean-Marie Vianney, osb, rappelle à bon escient l’importance du rythme et de l’inculturation dans la psalmodie (balafon, tam-tam, tambour d’eau…) et enfin celle des moines de Los Condes à Santiago du Chili qui éclaire la réforme liturgique suivant le Concile Vatican II.

Si la prière des Psaumes nous traverse et nous dépasse, c’est qu’elle intègre l’homme traqué, humilié et mourant en Jésus-Christ et que d’autre part, dans sa dimension de louange et de remerciements − plus de la moitié des psaumes − elle invite à la liberté, à sortir de soi pour prier et à reconnaître que nous sommes sauvés en Celui-là même qui prie en nous.1

D’autres aspects importants de ce numéro retiendront notre attention. Une rencontre du Dialogue Interreligieux Monastique, au niveau européen, s’est tenu à Midelt au Maroc. Le rapport de Mr Jo Van Haeperen rend compte des valeurs immanentes à la société musulmane et des valeurs monastiques qui sont apparues dans ce dialogue interreligieux. Le travail remarquable et souvent exceptionnel réalisé par les soeurs de Tutzing mérite aussi toute notre considération dans les chroniques rapportées.

Le souvenir émouvant des deux premières secrétaires qui ont oeuvré à l’AIM reste marqué dans nos coeurs. Toutes deux sont décédées durant le mois de juin 2007. Soeur Pia Valeri, osb, avait succédé à Mère Méryem Esquerré, osb, et avait consacré dix-huit ans de sa vie au service de l’AIM à Vanves, de 1967 à 1985. Toutes deux vécurent de l’intérieur cette nouvelle épopée de l’histoire monastique du 20e siècle dans l’humilité et l’enthousiasme. Gardons-les dans notre coeur et dans notre prière d’intercession et de louange, comme dans les récitations des psaumes.

Voir sur ces thèmes le beau livre de Paul BEAUCHAMP, Psaumes nuit et jour, ed. Seuil, Paris, 1977.