Vie des Monastères

AFRIQUE

Parakou, Bénin

Notre-Dame du Kokoubou

Nous aimerions jeter un regard rétrospectif sur cette année écoulée pour vous partager les événements saillants qui ont jalonné notre parcours. Trois points majeurs : le noviciat, le monasticat, la vie communautaire.

1 - Le noviciat : actuellement il y a deux frères novices, un postulant et deux « regardants ». Leur formation est assurée par le P. Jean qui est à la fois maître des novices et Prieur. Il se fait aider par plusieurs autres frères selon les besoins.

2 - Le monasticat : C’est le F. Irénée qui en est chargé, notamment en ce qui concerne l’établissement du programme et la recherche des professeurs. Les frères étudiants sont au nombre de quatre. Trois achèvent leur cycle théologique en juin 2006 et passeront leur examen au grand séminaire.

Depuis quelques mois, les étudiants bénéficient d’un ordinateur pour leurs différents travaux. Dans la mesure où leurs obligations académiques le permettent, ils sont bien insérés dans la vie communautaire.

3 - La vie communautaire : L’année 2005 a été ouverte par la profession solennelle de F. Maxime, le 9 janvier, ce fut un grand jour de joie et d’action de grâces. Après avoir obtenu son permis de conduire F. Maxime se forme à la comptabilité.

L’évènement central de notre vie communautaire fut le décès de P. Charles le 27 avril. Nous le savions profondément atteint dans sa santé. Nous aurions souhaité qu’il puisse accomplir sa pâque en terre d’Afrique afin d’être inséré comme pierre angulaire dans les fondations du Kokoubou, mais le Seigneur en a disposé autrement. Nous bénéficions maintenant de sa présence spirituelle parmi nous et nous croyons qu’il est pour notre communauté un intercesseur de premier choix auprès de Dieu.

Le 13 juillet nous avons célébré une messe en mémoire de notre P. Charles. Elle était présidée par dom Jean-Marc en présence de nos sœurs de l’Étoile. À l’issue de cette messe, nous avons procédé à une modeste cérémonie au cours de laquelle notre cimetière a été béni par dom Jean-Marc. Au cours de cette même cérémonie nous avons procédé à l’enterrement de la coule de P. Charles dans une tombe symbolique sur laquelle nous avons planté une croix en sa mémoire. Le 20 août nous faisions le transfert des restes de notre F. Barthélemy dans notre cimetière.

Notre économie n’est pas encore ce que nous souhaitions. Elle n’a pas encore d’assises suffisamment solides, compte tenu d’un certain nombre de facteurs qui mériteraient une réflexion communautaire sereine sous l’éclairage compétent de personnes ressources qui ne manquent pas dans notre pays et au-delà. Ce manque de socle ferme n’empêche pas que des efforts se fassent. Cette année, en plus des produits de la fromagerie et de la confiserie, nous avons semé 2,5 ha de soja. La récolte a été faite avec le concours rémunéré de quelques uns de nos voisins. Le battage est en cours, et il est à espérer que la récolte soit bonne. Grâce à la compétence et au savoir-faire de F. Siméon nous avons pu produire plus de 1000 litres de sirop. Quand à notre rucher, il produit toujours, mais si la qualité en demeure incontestée, la quantité, elle, a chuté de moitié depuis un certain temps. Il convient aussi d’inscrire le jardin à la rubrique économique, la production permet de réduire considérablement nos dépenses d’alimentation.

Les légitimes soucis d’ordre économique ne nous empêchent pas de mener une réflexion communautaire autour de notre liturgie pour trouver les voies et les moyens de la rendre plus inculturée, plus belle et plus priante : les voies et les moyens qui nous permettent d’en faire le lieu épiphanique par excellence de la communion entre nous et de notre communion avec le Seigneur. Vos frères du Kokoubou.


Fondation de Saint-Joseph de Séguéya

Deux ans déjà !

Fin décembre 2003, fin févier 2006 : deux ans déjà et deux mois se sont écoulés depuis notre arrivée à Séguéya. L’implantation de notre nouveau monastère se fait progressivement, à un rythme plutôt rapide et qui émerveille nos visiteurs lorsqu’ils en jugent à la transformation du site, aux cultures variées et au rendement de nos travaux qu’ils constatent, après seulement deux années sur place.

L’équipe : au départ nous n’étions qu’une petite équipe de quatre : les frères Stanislas, Simon-Marie, Dieudonné et Maixent. Au début du mois d’août 2004, le frère Épiphane qui venait de prononcer ses vœux solennels le 19 juin, rejoignait l’équipe des premiers fondateurs et permettait ainsi au F. Simon-Marie de revenir à Keur Moussa, comme prévu, après nous avoir efficacement aidés à restaurer un bâtiment trouvé sur les lieux et à en construire un autre.

À quatre, nos occupations manuelles ne se réduisaient pas simplement aux constructions et à l’aménagement des bâtiments. Très vite, nous nous sommes mis à expérimenter différentes cultures (maïs, riz, arachides, ananas, piment, concombres, aubergines, tomates, bananes). Il va sans dire qu’avec toutes ces activités, notre petit nombre allait se faire sentir. C’est ainsi qu’au début du mois d’octobre 2005 le F. Jérôme-Marie nous arrivait, suivi du F. Cyrille deux mois après. Quelques jours avant Noël, le F. Simon-Marie nous amenait du Sénégal 30 tonnes de ciment, au prix de huit jours de voyage, pour à peine 1000 kilomètres de route ! Il revenait déployer à notre profit ses talents en maçonnerie et ses facilités de contact pour mener à bien la construction de bâtiments annexes. Son chantier avance très bien et nous espérons que d’ici quatre ou six semaines encore il pourra réintégrer l’abbaye-mère où son absence est très ressentie. Le 27 février 2006, le F. Noël vient à son tour grossir notre effectif. De quatre nous formons présentement une bonne équipe de sept frères, plus le F. Simon-Marie qui de temps à autre pourra venir nous prêter main-forte et nous réjouir de sa présence fraternelle très appréciable.


Tchad

Monastère Sainte-Agathe

Nouvelles de la Congrégation de la Reine des Apôtres

Les bulletins n°84 et 85 ont parlé de la fondation du monastère Sainte-Agathe au Tchad, dans le diocèse de Moundou : en octobre dernier c’était la pose de la première pierre ; eh bien, maintenant il est sorti de terre, la première tranche des travaux a été menée à bonne fin par un entrepreneur compétent, et les sept fondatrices ont pu y emménager le 2 mai dernier, ce qui a donné lieu à l’inauguration officielle en présence des autorités religieuses et civiles ; notre Présidente, Madre Teresa Paula, avait fait le voyage spécialement pour l’occasion, ainsi que Mère Eulalie, Prieure du monastère fondateur de Saint-Sauveur, Lubumbashi, accompagnée d’une sœur. Une assemblée nombreuse a participé à la cérémonie qui a débuté avec l’Eucharistie : elle était présidée par l’évêque de Moundou, entouré de l’archevêque de N’Djamena, des deux vicaires généraux et d’une trentaine de prêtres de tous les diocèses du Tchad.

Avant la bénédiction finale, Mgr Kouraleyo a procédé à la bénédiction de tout le bâtiment, y compris à l’intérieur, d’abord avec de l’eau bénite, puis avec de l’encens. Après quoi plusieurs allocutions ont été prononcées, notamment par le Président de la Conférence épiscopale, Mgr Ngarteri, qui a exprimé sa joie et sa reconnaissance pour la présence de la vie monastique au Tchad, un désir de tous les évêques, vieux de vingt-cinq ans ; le chef du village de Lolo, qui a donné le terrain a également pris la parole et exprimé des souhaits de bienvenue au nom de la population du village en fête, ‘toutes confessions religieuses confondues’ ; il est musulman et très heureux que le monastère ait été construit sur ce terrain que son père lui avait défendu de vendre en lui disant qu’il était destiné pour Dieu. Sr Véronique, la Supérieure, a exprimé la gratitude de la communauté envers tous ceux qui ont contribué à la réussite de cette belle entreprise.

Après quoi une centaine de personnes ont partagé le repas festif qui s’est achevé par des danses. Les gens du village étaient très curieux de visiter le cloître et de savoir ce qui se passe à l’intérieur, étant donné que c’est le premier monastère qui existe au Tchad. Les jeunes filles mais aussi les jeunes gens et leurs parents se posent beaucoup de questions sur les sœurs et la vie qu’elles mènent, ils viennent même à l’office sans bien comprendre ce qui se passe, et parfois ils dansent spontanément.

Les consacrés, pour leur part, souhaiteraient venir se reposer, se ressourcer sur le plan spirituel, pour l’initiation à la prière, à la liturgie, à l’animation… Les sœurs souhaitent pouvoir accueillir des hôtes, comme le demande saint Benoît, mais il n’y a pas encore d’hôtellerie, il faudra attendre la deuxième tranche des travaux ; toutefois une journée de recueillement dans la nature est tout à fait possible. Sur le plan du développement, dans le cadre social, d’autres besoins se font sentir auxquels la communauté va s’efforcer de répondre : alphabétisation, agriculture, scolarisation. Les sœurs se sentent stimulées tant par l’accueil très favorable qui leur est fait que par la collaboration et les demandes qui se manifestent déjà. Ce monastère était très attendu, il n’a pas déçu les attentes, son implantation en terre tchadienne est un succès. Il faut lui souhaiter de poursuivre sa croissance et son insertion dans l’Église et la société.



AMERIQUE LATINE

Brésil

Mosteiro do Encontro, Parana

Dans le cadre des échanges entre nos monastères cette communauté très ouverte a accueilli pendant six ans une sœur de l’Angola, qui a pu retourner à Huambo après avoir suivi une excellente formation de Maîtresse des novices. Une sœur de St Sauveur, Lubumbashi vient d’arriver, de sorte que l’Afrique est de nouveau représentée : elle est infirmière et son aide sera précieuse pour une sœur dont la mauvaise santé demande des soins spéciaux ; récemment c’est une sœur de Rixensart, Belgique, qui a passé deux séjours de six mois pour aider, tandis qu’une des sœurs de l’Encontro fait un séjour prolongé au monastère de l’Emmanuel, à Bethléem, où elle a pris la relève d’une autre sœur de l’Encontro qui y était restée un an, aidant le monastère et perfectionnant son français : de tels échanges resserrent les liens fraternels dans la congrégation.

En vue de lire et approfondir la vie monastique, trois sœurs suivent des cours à l’Alliance française de Curitiba qui est honorée de compter ces sœurs parmi ses élèves et leur a accordé des bourses.

Le 10 février, à la fête de Ste Scholastique les trois candidates sont entrées en clôture après vêpres.

Cependant l’évènement le plus marquant de ces derniers mois a été sans contredit la profession solennelle d’Irma Maria Paula le samedi de la Pentecôte, fête de la Reine des Apôtres. L’an dernier, le 2 février, jour de la fête patronale du monastère, c’était sa sœur Irma Maria Joelma, son aînée de seulement onze mois, qui faisait profession. À nouveau cette année la famille, dans une voiture chargée de cadeaux, est donc venue du Nordeste, ce qui représente trois jours de route, pour participer à la cérémonie dans laquelle les parents ont un rôle à jouer, moment très émouvant dans la célébration. Puis l’hôtellerie s’est remplie d’amis, eux aussi venus de loin avec des cadeaux de toute sorte, le P. Abbé de Rio, dom Joaquim arrivant la veille pour présider la cérémonie.

À 9 h 30 l’église était comble avec les voisins, les oblates, tandis que devant la porte, pour la procession d’entrée, se tenaient la communauté, la professe entre ses parents et les neufs concélébrants parmi lesquels dom Bernardo, Prieur de la Trappe du Novo Mundo et le P. Jomar de la MOPP, aumônier du monastère. L’évangile était celui des noces de Cana qui donnait bien le ton de la célébration où la présence de Marie et des apôtres se faisait sentir ; après l’homélie, le rituel a commencé dans une ambiance priante et silencieuse avec la professe qui a allumé sa lampe et s’est avancée vers l’autel en chantant : on a pu admirer son calme et sa ferme décision qu’elle a conservés durant tout le déroulement de la profession qui s’est terminée par l’accueil de la nouvelle professe par la communauté et un mot chaleureux de la Prieure, rappelant : ‘l’essentiel de ce que nous vivons là nous dépasse absolument.’

Cent cinquante personnes sont restées pour le repas qui a suivi, où rien n’a manqué, ni la joie ni le vin, grâce à la générosité des oblates et d’autres amis venus avec des fleurs, des gâteaux, des provisions si abondantes que le surplus a été partagé avec les trappistes et des enfants.

Le père Abbé dom Joaquim est resté encore une semaine, profitant de la bibliothèque tandis que la communauté profitait de sa sagesse et de ses conférences monastiques.



ASIE

Kazakhstan

La Cella Notre-Dame de la Pêche Miraculeuse

Au Kazakhstan, le catholicisme est minoritaire. Prêtres et reli­gieux, en majorité étrangers, viennent des pays de langue alleman­de Il n’y a que peu de Russes de langue germanique au Kazakhstan.

Au début de l’année 2004, l’abbaye suisse d’Uznach fut invitée à tenter une fondation monastique dans ce pays d’Asie centrale. Bien que la communauté suisse soit peu nombreuse, elle se décida, après un long temps de prière et de réflexion et deux voyages de prospection au diocèse d’Astana, d’y envoyer deux moines. En octobre 2006, ils purent s’établir dans une maison proche de l’église paroissiale et du pèlerinage d’Osornoe, à 400 km au nord de la capitale Astana, sur la voie de communication vers la Sibérie occidentale. L’église du pèlerinage possède une statue de la Vierge Marie invoquée sous le vocable « Reine de la Paix» - Zariza Mira». En dehors du village, dans la steppe, une colonne rappelle la mémoire de la famine de 1941 dont le village fut miraculeusement délivré, grâce à Marie (d’où le vocable de la pêche miraculeuse). Le pèlerinage des jeunes de l’archidiocèse d’Astana, a lieu tous les ans à Osornoe. Les moines rendent des services à la paroisse, l’étude de la langue et de la culture du pays reste leur priorité.