Les objectifs du congrès des Abbés

Père Abbé Giuseppe Casetta, osb,
Abbé Général de la Congrégation de Vallombreuse

 

CasettaAu début du Congrès des Abbés bénédictins en septembre 2012, le Père Casetta a présenté les objectifs de ce grand rassemblement. Il a insisté sur l'importance de l'échange entre tous à l'exemple des disciples d'Emmaüs sans nostalgie pour le passé et avec la grâce de la constante nouveauté du Christ. Le Congrès se veut un lieu de renouveau et d'actualité pour la vie monastique.

 

Chers confrères abbés, prieurs, vénérés hôtes,

« Grâce soit à vous et la paix de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus-Christ » (Ep 1, 2).

C’est avec joie que je vous salue avec les mots de l’apôtre saint Paul, heureux de nous retrouver ensemble, encore une fois, pour renforcer les liens de notre communion et de partager les thèmes, les problèmes, et les perspectives de la vie monastique en vue de notre futur et du futur de toute l’Église.

Permettez que je me serve, pour introduire le congrès, de l’icône biblique des pèlerins d’Emmaüs (Lc 24, 13-35). Il s’agit d’une grille de lecture, sans aucune prétention exégétique. Le recours à l’imaginaire symbolique biblique, plus qu’à des raisonnements stricts, peut nous aider à indiquer le parcours, même s’il n’est qu’ébauché, en nous laissant cependant le désir d’ultérieurs approfondissements ou suggestions utiles pour notre vie.

 

chemin1. La « métaphore » du chemin

L’épisode, comme nous le savons, s’ouvre avec la métaphore du chemin, qui revient au début, au centre, et à la fin du récit, en changeant néanmoins de sens : de l’ambivalence initiale – peut-être s’agit-il d’une fuite pleine de déception, après « l’échec » de la croix – on passe à l’indication du chemin duquel on ne se détache pas en conversant avec Jésus, pour arriver à se remettre en chemin plein d’enthousiasme et de joie afin de rendre témoignage aux Onze de la rencontre avec le Ressuscité.

Arrêtons-nous sur le premier moment.

Nous retrouver ici, à Rome, à Sant’Anselmo, ne peut pas être pour nous, d’une façon évidente, une fuite, ni même une parenthèse dans notre vie quotidienne. Avoir accueilli cette invitation est en vue d’un chemin qui doit nous permettre de nous retrouver ensemble, comme moines appartenant à la Confédération bénédictine.

Exister, c'est rencontrer et être rencontré : telle est la structure anthropologique dans laquelle Dieu passe dans le temps et dans l’espace en nous attirant à lui pour nous rendre participants à sa mission. C’est une grande occasion qui s’ouvre aujourd’hui devant nous, parce que seulement dans ce contexte, qui se répète tous les quatre ans, nous faisons l’expérience « ensemble » de la catholicité du monachisme bénédictin, qui n’est pas la dévalorisation ou le dépassement du particulier, mais sa vraie valorisation dans sa complexité et la multiplicité de ses significations.

En cette célébration du 50e anniversaire de l’ouverture du concile Vatican II, nous voulons nous aussi faire référence à l’importance suprême de cet événement. Je crois que le critère suggéré par Benoît XVI dans son célèbre discours du 22 décembre 2005 est un point de référence précieux pour éviter une idéalisation abstraite de ce qui est un processus historique complexe et encore en acte, comme également l’idéologie qui lui est opposée.

L’herméneutique de la réforme et du renouveau dans la continuité pose à tous un critère qui peut aider à effectuer une comparaison féconde, modérant les extrémismes de tendance opposée. La continuité de la tradition demande à chacune de nos communautés et congrégations un engagement sérieux. Comme le remarquait de façon provocatrice Karl Rahner, si nous nous limitons à répéter quelque chose, cela veut dire que nous ne l’avons pas compris. Ce n’est plus le temps des ajustements, mais il faut avoir le courage de changements, parfois douloureux, mais nécessaires. Nous ne pouvons pas nous contenter de pratiquer de façon automatique le copier-coller. Notre foi n’a rien à craindre d’un engagement sérieux, parce que nous avons un riche patrimoine et un Dieu incroyablement créatif, parce que – comme le remarquait de façon provocatrice l’historien et académicien américain Jaroslav Jan Pelikan – la tradition est la foi vivante des morts ; le traditionalisme est la foi morte des vivants.

Les grands thèmes de la modernité comme, par exemple la liberté, la laïcité, le monde, l’histoire sont entrés de plein droit dans les textes conciliaires non seulement grâce à la contribution de grands théologiens, qui sont nommés periti, mais aussi grâce au mouvement liturgique, biblique, œcuménique qui a vu comme protagonistes certains de nos confrères, abbés ou moines, parfois engagés dans l’athénée Sant’Anselmo, et nous désirons en ce lieu faire mémoire de leurs noms pour ce qu’ils ont donné à l’Église.

Les différences sont appelées à agir les unes sur les autres : au niveau ecclésial également, la « totalité » de l’Église et la « particularité » de ses auto-réalisations sont posées ensemble. C’est la conscience du « tout dans le fragment » (Balthasar), dans lequel le fragment est pris avec sérieux comme « lieu théologique », comme nous l’a rappelé tant de fois le regretté Magnus Löhrer, et, avant lui, Cipriano Vaggagini. Avec comme arrière-fond le concile Vatican II, il sera très important en ces jours de se mettre à l’écoute des différences qui nous caractérisent ; ce qui veut dire : se reconnaître participant d’une histoire plus grande que nous, faite du mystérieux enchevêtrement de grâce et de liberté, de péché et de pardon, une histoire qui nous a rejoints, qui passe à travers notre chair et notre sang, et qui est appelée à aller encore plus loin.

Nous devons faire attention à la leçon qui dérive du texte de Luc : les deux disciples « parlaient entre eux de ce qui était arrivé » (v. 14). C’est un discours qui s’étend « sur tout » sans pourtant atteindre une parole décisive. C’est un discours qui semble connaître le détail de tout ce qui est arrivé, mais sans reconnaître la clef qui pouvait en ouvrir la mémoire. En italien, nous dirions : un parlarsi addosso.

La question de Jésus aux deux pèlerins contient un verbe qui exprime encore mieux leur état d’esprit que toute autre description : « Quelles sont les choses que vous vous renvoyiez l’un à l’autre durant le chemin ? ». Le verbe grec antiballo signifie se lancer contre, rebattre, et il est significatif que Luc l’utilise pour décrire une situation de division qui ne se manifeste pas seulement dans leur distance avec la communauté, et dans leur compréhension des événements du salut, mais aussi dans le rapport réciproque.

dialogueL’importance de la parole, les dynamiques du dialogue, l’écoute réciproque... Le philosophe français Merleau Ponty distingue entre les paroles parlées qui créent un bavardage sans conclusion, et les paroles parlantes, qui engendrent la réflexion, la discussion, et le partage.

Notre congrès est une occasion à ne pas perdre pour retrouver le goût et le poids de la parole parlante ! Il s’agit d’une parole dialogique qui met en mouvement vers ceux qui ont d’autres cultures et d’autres problématiques de vie, vers les préoccupations, les espérances et les fatigues des autres, en nous décentrant de nous-même pour pouvoir tourner principalement notre attention vers la vie et la réalité de tous, et en faisant ainsi, paradoxalement, nous nous centrons beaucoup plus sur le dessein de Dieu, nous nous introduisons dans « les choses du Père » (cf. Luc 2, 49).

Un dialogue sincère présuppose l’attention à la réalité, l’analyse, la réflexion et ne peut être mené sans une grande humilité, sans reconnaître qu’aucune communauté, qu’aucune congrégation, petite ou grande, détient des suprématies, innées ou acquises, mais tous nous devons admettre nos limites et nous rendre sensibles aux questions et aux comportements des autres. Nous ne sommes pas intéressés à faire croître notre zone de pouvoir ou d’influence, mais nous voulons cheminer ensemble vers la réalisation du Royaume de Dieu, avec l’Évangile de Dieu, et la Règle de notre saint Père Benoît.

Peut-être que je suis dans l’erreur, mais aujourd’hui, j’ai l’impression que la communication personnelle est toujours plus pénalisée : nous rencontrons toujours plus des « connexions internet » et les personnes savent de moins en moins communiquer. Les occasions propices ne manqueront pas : les ateliers qui ont été organisés en 6 groupes (A-F), nous permettront tout au long du congrès d’approfondir des thématiques d’un intérêt particulier pour notre présent et pour le futur de notre Confédération, ceci dans un échange sincère et, nous le souhaitons, très prometteur.

Á ce sujet, ce qui arrive aux deux pèlerins d’Emmaus me semble très significatif : le Christ leur demande de juger la qualité de leur vue (« Leurs yeux étaient incapables de... ») et de leur agir (« Ils s’arrêtèrent, le visage triste »). Ces jours du congrès sont une occasion propice pour une halte qui nous permette de mesurer la qualité de nos attentes, de nos désirs, de nos espérances.

« Nous espérions que ce serait lui » (v. 21a) est une des phrases qui pèse d’un grand poids : une espérance au passé est le crépuscule de l’espérance, c’est l’interruption du désir qui ne réussit plus à faire place à la liberté qui recherche, et qui n’accorde plus de temps à l’intervention de Dieu.

Les conférences majeures que nous écouterons cet après-midi (« Continuité et adaptabilité », du prof. Hochschild) et demain (« L’autonomie », du P. Casey) nous provoqueront aussi sur le plan de la qualité de notre espérance qui ne peut être seulement le futur de notre passé ! « Risquer l’espérance » peut être vraiment le parcours « postmoderne » vers la sainteté, également pour les moines !

En ce contexte, nous devrions nous demander si nous vivons la « crise » (mot ambigu mais en même temps plein de possibilité), crise qui traverse aussi nos communautés monastiques, avec un regard concentré sur nous-mêmes, sur nos structures, sur nos peurs, sur le nombre de nos candidats, sur le futur de nos économies, en adoptant la logique du marketing ou en nous confiant à la Parole de Dieu qui nous suggère des voies diverses (cf. Rm 5, 3 ; Rm 8, 18 ; 2 Co 1, 3-4 ; He 12, 6), devant un futur qui avance impétueusement et laisse sur le bord de la route quelques morts et blessés. Une faiblesse (2 Co 12, 10) dans laquelle se rend présente la force de Dieu. C’est un peu comme une traversée du désert, un exode dans lequel quelque chose meurt, certainement, mais en même temps quelque chose renaît dans la continuité qui part de saint Benoît pour arriver jusqu’à nous aujourd’hui.

Les réflexions de D. Bonhoeffer avant son martyre me semblent très actuelles : « Notre Église qui, en ces années, a tellement lutté pour sa survie, comme si c’était son but propre, est incapable de se faire porteuse de la Parole réconciliatrice et rédemptrice pour les hommes et pour le monde. C’est pourquoi les paroles anciennes doivent s’étioler et finir par se taire ; notre être chrétien se réduit aujourd’hui à deux choses : prier et agir parmi les hommes dans la justice. Chaque pensée, parole, organisation du christianisme devra renaître de cette prière de cette action », (« Résistance et capitulation. Lettres et écrits de prison », p. 165).

 

2. De la chronique à l’histoire : Parole et Eucharistie

Après avoir écouté la « chronique » des faits de la part des deux disciples, Jésus prend en main la situation et commence à lire la chronique à la lumière de l’Ecriture, en la rendant Histoire du salut. La provocation est claire : l’Ecriture aide à comprendre, elle aide à éliminer les superstructures et les incrustations... parce qu’elle va au-delà de la forme. La Parole aide à lire ce que nous vivons aujourd’hui comme chronique, avec les yeux de Dieu, avec un regard de foi. L’histoire « qui commence de Moïse, traverse tous les prophètes pour arriver à Lui » doit toujours être comme un parcours à reprendre ; elle doit toujours recommencer à partir du début. En cette Parole, nous retrouvons la carte avec ses indications, le chemin avec ses signaux, les doutes, les demandes, les déviations, les blessures et les reprises, mais aussi le guide pour ne pas se perdre.

promenadeLe congrès est une occasion pour nous aider à donner toujours plus d’espace à la Parole et à l’Eucharistie à l’intérieur de nos communautés et congrégations. Alors, permettez-moi de lancer un appel : aidons-nous en ces quelques jours qui sont devant nous, à retrouver « l’histoire » à l’intérieur de nos « chroniques », parce que, comme affirmait K. Barth, « la Parole de Dieu n’est pas du tout constituée par les justes pensées des hommes sur Dieu, mais des justes pensées de Dieu sur les hommes. Dans la Bible, on ne dit pas comment parler à Dieu, mais ce qu’Il nous dit à nous, non pas comment nous trouvons la voie pour aller à Lui, mais comment il a cherché et trouvé la voie pour nous rejoindre, non la façon juste par laquelle nous référer à Lui, mais une alliance qu’il a conclue avec tous les fils d’Abraham dans la foi, et scellé définitivement en Jésus-Christ » (« Das Wort Gottes un die Theologie », p. 28).

En ces jours, nous célébrons l’Eucharistie ensemble. Ceci aussi ne doit pas être une rencontre programmée seulement par le calendrier. L’expression évangélique « Il fit semblant de devoir aller plus loin » (v. 28b) nous provoque : c’est comme si s’ouvrait un espace pour introduire « notre place », le moment de l’hospitalité, dans lequel on fait un espace à la présence de Jésus, dans le signe de la Parole qui interprète, et du pain qui est donné ; et, précisément, à l’intérieur de cette invocation « Demeure avec nous » que nous découvrons, nous sommes dès le début accueillis par la volonté de Dieu qui veut prendre demeure en nous. L’hospitalité se fait partage de la table : nous l’invitons mais c’est lui qui préside la cène ; c’est lui qui se tient au milieu de nous comme celui qui sert. Alors notre Eucharistie devient « école de service », de celui qui, mis à la tête de la communauté comme un abbé ou un prieur, partage avec tous les autres les beautés (peut-être limitées), et les fatigues (peut-être si nombreuses) du service abbatial.

Le congrès a – entre autres – le but d’élire le P. Abbé Primat de notre Confédération qui, comme le dit le no 42 de la Lex propria, est « celui qui gère, qui s’occupe et qui exécute tout ce qui concerne la Confédération. Il doit particulièrement veiller à ce que tout ce qui regarde l’authentique tradition bénédictine et son patrimoine spirituel et scientifique soit développé et sauvegardé ».

Nous devons reconnaître que le P. Abbé Primat Notker, dans son service de ces années, est allé précisément dans cette direction, non seulement en ce qui concerne Sant’Anselmo, avec un dévouement humain et organisateur, surtout au point de vue économique, difficilement égalable, mais aussi envers toute la Confédération, portant dans le monde entier, par sa présence, ses conférences, la vitalité, l’enthousiasme, et les potentialités de la vie bénédictine, non seulement pour les monastères, mais pour la société civile. Faisant partie du conseil du P. Abbé Primat, j’ai eu l’occasion de toucher du doigt ces deux dernières années combien ce service est important pour la Confédération, l’Athénée, et le collège Sant’Anselmo.

Permettez-moi d’ajouter un simple mot sur l’athénée de Sant’Anselmo, avant d’écouter (comme c’est prévu par le programme) des rapports bien plus fournis et précis. Même si le congrès des Abbés ne s’occupe pas seulement de l’athénée et du collège Sant’Anselmo (c’est un lieu commun qu’il faudrait démystifier ou du moins relativiser), nous devons réfléchir sérieusement sur notre présence à Rome, comme moines bénédictins : nous ne pouvons pas permettre que s’affaiblisse ou que disparaisse – en cette Ville – une tradition d’études et d’enseignement qui nous a fait connaître dans le monde entier. Les évêques du synode déjà loin de 1994 sur la vie consacrée, l’ont réaffirmé plusieurs fois, à mon avis avec un grand retard : « De re nostra agitur » ! Ce serait très beau, mais surtout utile, d’entendre la même expression sur la bouche de tous les abbés et prieurs ici rassemblés, cette fois néanmoins sans retard.

 

3. Le retour et le témoignage

Mardi 25 septembre sera la conclusion du congrès.

Je crois que l’icône des disciples d’Emmaus doit avoir beaucoup à nous enseigner également pour retourner dans nos communautés à la fin de la célébration du congrès. L’évangéliste Luc associe le retour des deux pèlerins aux traits des évangélisateurs de la première heure : Marie, les bergers, les pauvres, les disciples de l’Église des origines. Aller, partir comme celui qui a reconnu, qui a trouvé : voilà l’élan irrépressible, sans retard, de celui qui a vraiment fait l’expérience du Ressuscité. C’est pourquoi les disciples « retournent à Jérusalem, où ils trouvèrent d’autres qui étaient réunis avec eux » (v. 33). C’est en cela qu’a toujours constitué le vrai chemin de l’évangélisation : la vraie identité du disciple appelé à témoigner de la rencontre avec le Seigneur ressuscité ne peut être pensée comme celle d’un envoyé privé, parce que c’est toujours l’expression de la communauté.

Dans quelques jours s’ouvrira le synode des évêques qui aura pour thème : « La nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne ». Il est intéressant de remarquer le peu d’importance donnée à la vie consacrée dans les Lineamenta du synode, à tel point que les observations critiques exprimées de plusieurs endroits ont poussé à retranscrire les quelques lignes réservées à la vie consacrée qui se trouvent dans les Lineamenta, en donnant plus d’importance, cette fois de façon claire, également à la vie monastique.

Dans l’Instrumentum laboris, no 114, on dit en fait : « Dans ce cadre également, on reconnaît le précieux soutien à la nouvelle évangélisation qui vient de la vie contemplative, surtout des monastères. Le rapport entre monachisme, contemplation et évangélisation, comme le démontre l’histoire, est solide et porte des fruits. Une telle expérience est le cœur de l’Église qui maintient vivante l’essence de l’Evangile, le primat de la foi, la célébration de la liturgie, en donnant un sens au silence et à tout autre activité pour la gloire de Dieu ».

Nous devons être reconnaissants au Saint-Siège pour l’invitation faite à notre Recteur Magnifique, le P. Juan Javier Flores Arcas, à participer en qualité d’expert, à l'élaboration des documents synodaux, mais qu’il me soit permis de poser une question au congrès : sera-t-il possible, en ce lieu ou en un autre, d’élaborer une stratégie pour pouvoir être plus présents dans les lieux institutionnels où s’élaborent les projets ecclésiaux et pour faire sentir que le monde monastique, la Confédération bénédictine ont vraiment quelque chose à dire sur des thématiques essentielles à la vie de l’Église et de la société ?

Quel sens a d’affirmer que « l’expérience monastique est le cœur de la vie de l’Église qui maintient vive l’essence de l’Evangile, le primat de la foi, la célébration de la liturgie » si ensuite il n’y a personne d’entre nous qui témoigne d’une telle expérience dans ses expressions concrètes de vie, dans les lieux où s’élaborent les projets ecclésiaux de toute l’Église ?

Je crois que l’un des buts du congrès doit être également de nous faire sortir d’une autarcie extrêmement dangereuse parce qu’au lieu de nous enrichir, elle nous appauvrit. Nous sommes autonomes pour être « interdépendants ». Nous parlons de congrégations, nous parlons de communautés, mais – s’il vous plaît – non dans une ligne auto-référentielle et introvertie.

 

Conclusion

En remerciant de tout cœur ceux qui ont employé leur temps et leurs forces à préparer ce congrès, je vous souhaite à tous que ces jours puissent être féconds de confrontations et d’échanges sereins, même dialectiques, entre positions et cultures diverses, mais afin d’apporter dans nos communautés les résultats d’un « cum venire » marqué par l’expérience de Dieu et la communion entre nous, comme moines d’une confédération qui ne soit pas une fictio iuris, mais un organisme vivant qui doit croître et porter du fruit.

Merci pour votre attention et bon travail à tous.

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