
JUIN
Au début de ce mois P. Jean Max vient nous voir pour les confessions. Le lendemain fr. Jean Rony s’en va quelques jours à Miami afin d’y rencontrer son beau-père dont l’état de santé inquiète sa famille. Nous retournons le 8 à l’aéroport pour y accueillir le P. Paul, abbé de Belmont en Angleterre. Il nous visite au nom de l’« Alliance Inter Monastères » (AIM) au sein de laquelle il est responsable des relations avec les monastères des Caraïbes et de l’Amérique Latine hispanique. Ayant été chargé de la fondation péruvienne de son abbaye anglaise, il connaît bien les problèmes auxquels nous sommes confrontés. Parlant français, il n’y a aucun problème de compréhension. Le 12, veille de son départ, il a le temps d’assister à la récolte de miel pour laquelle notre Frère apiculteur est assisté de quelques propriétaires de ruches désireux de se perfectionner dans le métier ! La pluie rend le travail plus ardu et surtout la récolte moins abondante, les abeilles se nourrissant sur leur réserve.
Cette pluie a du moins l’avantage de faire reverdir notre Món et de faire pousser les plantations de nos voisins paysans. Malheureusement cela ne suffit pas pour certains, alors ils viennent à notre porte quémander de quoi manger. Notre « boss maçon » revient quelques jours sur le chantier pour y vérifier l’étanchéité de la toiture et refaire quelques bordures ou joints défectueux. La pluie s’accompagne très souvent d’orages. Si le mois dernier notre téléphone a été épargné par ces derniers – qui ont fait cependant de gros dégâts sur d’autres appareils – depuis le 22 nous sommes coupés du monde : les récepteurs de nos deux lignes ayant été touchés par la foudre. Heureusement qu’il reste la communication par courriel !
Juin est traditionnellement le mois des examens. Ce l’est effectivement le 21 pour fr. Jean-Rony. Dans le cadre de la formation théologique « virtuelle » qu’il poursuit avec le site universitaire ‘Domuni’ des Pères Dominicains de Toulouse il a deux oraux à passer devant P. Jean-Max, o.p., assisté de fr. Anselme. L’ayant eu autrefois comme étudiant au CIFOR – le séminaire des religieux de Port-au-Prince – P. Jean-Max connaît bien son homme qui, pendant deux heures d’horloge, se défend avec succès sous l’assaut des questions portant d’abord sur le ‘vaudou’ puis sur ‘l’au-delà’. Après quoi le mois de juillet sera consacré à la mise au point de deux devoirs d’Ecriture Sainte. Notre Prieur subit quant à lui un oral d’un autre genre le lendemain. Dans le cadre du 30e anniversaire de l’arrivée des bénédictins en Haïti et du 25e anniversaire de notre implantation sur le « Món Saint-Benoît », Mr Polycarpe l’interviewe pendant plus d’une heure sur notre fondation ; de quoi faire deux émissions qui passent à une semaine d’intervalle sur « Radio Soleil », la radio de l’église catholique en Haïti. Pendant ce temps Mr Simplicien refait les peintures du bâtiment Chapelle Réfectoire tandis que d’autres ouvriers, sous la direction de fr. Jacques, font la propreté des alentours du monastère.
Les 24 et 29 les paroissiens de Montrouis et d’Arcahaie, fêtent leurs saints patrons ; nous nous joignons à eux comme à l’accoutumée. Le 25 nous recevons la visite de la Supérieure générale des Salésiennes missionnaires de Notre Dame, religieuses affiliées à la famille des « Filles de S. François de Sales » dont certaines nous fréquentent depuis les débuts de la fondation. Au soir de la S. Pierre nous accueillons fr. Simon et fr. Pierre. Le premier reste 15 jours, tandis que le second vient pour 2 mois, entre deux séjours d’étude à Landévennec. Atterrissant en Dominicanie, ils y sont accueillis par fr. Jacques et fr. Johnès. Le lendemain nous retrouvons fr. André, retour de son congé à Landévennec.Tout de suite, au Chœur, nous sentons le changement dû au plus grand nombre des voix et à leur puissance.C’est aussi ces jours-là que fr. Anselme reçoit la triste nouvelle du décès de sa sœur Anne-Marie, dont la maladie a empiré depuis un mois et demi, aussi, le 30, célébrons-nous une messe de Requiem pour le repos de son âme.
JUILLET
Ce mois de juillet est marqué, le 11, par la célébration de notre fête patronale. Toute la communauté est là pour fêter ses 25 ans de présence sur le « Mòn Saint Benoît ». La fête a demandé de grandes et de belles préparations mais tout s’est bien passé par la grâce de Dieu et l’aide de nos amis et amies.
Une semaine avant la S. Benoît, fr. Michel annonce que l’hôtellerie affiche complet. Le samedi 7, une répétition de chants et de danses est organisée à l’Archaie pour la bonne marche des chants de la fête. Le lundi 9, alors qu’arrive la famille de fr. Johnès, nous faisons le marché pour la fête. Pour cela fr. Jean-Rony va chercher à Carrefour, Delcame, Sultane et Évelyne, trois sœurs de sang qui sont nos amies. En vraies professionnelles, elles connaissent tous les secrets de la cuisine. Le lendemain après midi, deux jeunes pâtissières de Pierre-Payen viennent les aider; elles sont aussi les décoratrices qui embellissent la maison pour la fête.
Le 10, en début de matinée, fr. Simon va chercher Mgr François Wolf Ligondé, archevêque de Port-au-Prince. Il profite de la journée pour visiter la propriété, puis, après le souper, il rencontre la communauté. La famille de frère Jean-Rony arrive elle aussi ce même jour.
Le lendemain Mgr Ligondé – qui a célébré la première S. Benoît de notre communauté à Port-au-Prince en 1981 – préside notre Eucharistie. Quelques prêtres sont présents dont notre Doyen ainsi que le nouveau curé de Saintard et un prêtre de La Gonâve. Plusieurs communautés de religieuses ont tenu à venir et aussi P. Jean-Max, op, et Fr. Abraham, pfst. Le service d’ordre est assuré par les Kiro (sorte de scouts) de la ville d’Archaie. Quatre très jeunes filles soulignent d’une danse sacrée le Kyrie et le Gloria, quatre autres, plus âgées, font de même au moment de la procession des offrandes et de l’action de grâce. « Radio Soleil » tient à diffuser l’événement sur ses ondes. Qu’elle en soit remerciée car elle permet ainsi à bien des amis de s’associer à nous. Dans son homélie, Monseigneur rend grâce à Dieu pour ce double anniversaire, rappelle l’importance de la vie monastique contemplative pour l’Eglise et nous encourage à poursuivre notre mission.
Après la messe, selon une coutume bien établie, réception de tous les participants sous les arbres pour partager pâtés et ‘kolas’ avec la communauté. Puis, après ce goûter, tandis que fr. Jacques et André assurent le transport des pèlerins jusqu’au bas de notre mòn, les Frères et leurs invités – près de trois cents ! – prennent le repas préparé par les trois cuisinières et servi par les jeunes filles du groupe des Kiro.
Le lendemain de la fête fr. Johnes accompagne sa famille afin de passer quelques jours auprès de sa grand-mère, presque centenaire, bien affaiblie par la maladie. Quant aux fr. Simon et Anselme, ils nous quittent le 13 pour le monastère de Landévennec, le premier partant par Santo-Domingo, le second passant par Miami et Londres. Arrivé en France, ce dernier passe d’abord se recueillir sur la tombe de sa sœur et profite du dimanche 15 pour rencontrer ses autres parents avant de toucher au but. Le 21, fr. Pierre part quelques jours en famille après ses deux ans passés en France. Le 25 juillet la fête de S. Jacques est célébrée de façon exceptionnelle dans la liturgie et au réfectoire en raison de la présence de son filleul parmi nous. Le lendemain fr. Jean-Rony et Johnes représentent la communauté pour la fête de Ste Anne, patronne de notre paroisse. Le week-end du 27 au 31 juillet, fr. Jean-Rony va à Jérémie où il participe à une rencontre de Jeunes universitaires auxquels on lui a demandé de parler de l’engagement. Il profite de son séjour dans « la Cité des poètes » pour assister à la première messe du Père Nobert Jean-Pierre que nous connaissons bien au monastère.
AOÛT
Le début de ce mois d’août est encore marqué par l’affluence des hôtes chez nous. Ceci tant à Nazareth qu’à l’hôtellerie où groupes et personnes individuelles se succèdent à tel point que c’est vraiment un chassé-croisé !
A l’hôtellerie le P. Michel donne souvent deux prédications différentes à deux groupes dans la même journée. Ainsi aux 6 novices Rédemptoristes venus se préparer à leur engagement temporaire ; arrivés le lundi 30 juillet, ils repartent le vendredi 3 août. Ce même jour nous disons au revoir à sœur Angela, de la Congrégation de Marie Reine Immaculée, (une famille religieuse autochtone), qui a passé près d’un mois à l’hôtellerie. Pendant ce temps 2 novices Scheuts (CICM) viennent le 1er pour repartir le 8. En même temps que ces deux groupes, Sœur Gercie, de la Congrégation des Sœurs du Père Éternel, (connue en Haïti sous le nom de Sœurs de la Charité de saint Louis), se recueille avant sa profession perpétuelle. Accompagnée par Sœur Solange, sa supérieure provinciale, toutes deux restent jusqu’au mercredi 8. Auparavant, le 6, 4 frères Frères de l’Instruction Chrétienne, dont 2 novices se préparant à la profession temporaire, sont chez nous eux aussi. A la fin de leur retraite les FIC partent le matin et sont remplacés par 8 Frères de l’Education Chrétienne dans l’après midi ! Dans ce groupe il y six novices, un accompagnateur et un prédicateur. Tout cela fait beaucoup de passages à l’hôtellerie pour les six moines que nous sommes en ce moment.
A Nazareth les groupes se succèdent aussi. Du 27 au 30 juillet nous y accueillons un groupe de la Légion de Marie, originaire de Carrefour, banlieue sud de Port-au-Prince. Le 2 août c’est le tour de « El Halibo », un groupe de compositeurs liturgiques, qui reste jusqu’au dimanche 5. Le lendemain nous accueillons, jusqu’au 9, 40 Méjistes (Mouvement Eucharistique des Jeunes) originaires de Pierre-Payen. Le vendredi 10 c’est au tour d’un groupe charismatique de Port-au-Prince de venir pour un temps de retraite. Fr. Jean-Rony a de quoi faire avec ces divers groupes qui passent à Nazareth.
Par ailleurs la vie continue tranquillement pour la communauté. La pluie ne se fait plus prier pour nous inonder tous les soirs. La route du Mòn, à l’image des autres routes du pays, en prend un bon coup de dégradation. Tandis que, à un rythme bien soutenu, fr. André poursuit la fabrication de petites croix pectorales en bois, fr. Jacques met en place, pour Nazareth, un système d’éclairage commandé depuis la cave de notre réfectoire. Frère Johnès fabrique des bougies à petite échelle. Frère Pierre, lui, se prépare à rentrer en France à la fin du mois et commence déjà ses adieux aux parents et amis. Le 14 août fr. André est obligé d’aller chercher fr. Jacques à Port-au-Prince, suite à un signe de fatigue du camion qui perd de l’eau au niveau de la zone du moteur. Heureusement, tout se passe bien et le camion peut rouler jusqu’au garage. Au réfectoire nous commençons la lecture d’un livre d’Andrea RICCARDI : « La paix préventive ».
Frère Anselme poursuit son séjour en France. Séjour laborieux du reste car il met au point la traduction, commencée depuis bien longtemps, d’un Traité de Guillaume de Saint-Thierry, un moine du XIIe siècle. L’agréable se joignant à l’utile, cela l’amène à se déplacer de Landévennec à Bruxelles et Lyon, en y ajoutant un crochet par l’Abbaye de la Pierre Qui Vire afin d’y saluer Père Ernest qui fut des nôtres pendant plusieurs années.
Dernière nouvelle : le cyclone « Dean » a ravagé les Antilles et les Caraïbes comme vous le savez. Peu de dégâts au monastère hormis arbres cassés et route détériorée. Malheureusement les sinistres sont certainement plus grands ailleurs, spécialement le Sud d’Haïti. Nous nous unissons à la souffrance et à la prière des populations éprouvées.
Bien fraternellement à toutes et tous,Frère Anselme & Frère Jean-Rony